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Tout ce qui se passe au-delà de la saison 1 est à jeter aux oubliettes, merci

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 familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana

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MessageSujet: familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana    Lun 23 Fév - 12:10






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Type du sujet : [x] Flash-Back [] Présent
Date du rp : Juin 2014
Météo (approximative) : temps agréable, ciel ensoleillé
Matin, après-midi, soir : début d'après-midi
Statut du sujet : [] libre [x] privé
Statut du rp : [x] en cours [] terminé




Tu aimais être invisible, Peace. Que les gens ne prêtent pas attention à ton corps, à ta présence. Ça t’évitait d’attirer les questions que tu n’appréciais pas, parce que tu ne savais pas y répondre. Derrière ton comptoir de fortune, tu étais presque heureux. Presque, car, au final, qu’était-ce la joie pour toi, homme qui n’avait aucun souvenir à comparer aux sensations que tu vivais au jour le jour ? Tu étais vide d’une histoire, d’une personnalité et tu te sentais souvent mal à l’aise, quand l’indélicatesse des clients et des curieux se mêlaient à ta personne. Tu ne voulais pas l’attention, d’aucun d’entre eux. Tu étais très heureux, avec ces mots simples, dont tu t’acharnais à déchiffrer sur la caisse enregistreuse, à lire les chiffres, minutieusement, sans te faire bousculer par les impatients. La lecture ne te faisait plus peur, plus depuis que le vieux avait commencé à t’apprendre, dans des livres poussiéreux et beaucoup trop compliqués pour ton niveau. Mais tu t’étais accroché, parce que t’étais vierge de toute peur et de tout ressentiment. T’étais un peu comme une éponge, qui absorbait tout ce que tu pouvais. Alors, ça avait été des chiffres, des lettres, des expressions, des politesses. T’étais toujours un peu gauche, de cette humanité qui te faisait cruellement défaut. Mais le gérant de l’épicerie te trouvait mignon – et tu n’avais aucune idée que tu devais te méfier de ce genre d’affection.

Alors, aujourd’hui, c’était un jour comme les autres, où t’avais enfilé ton petit tablier, prenant soin de bien centré l’étoile noire, logo de l’épicerie, sur ta poitrine. Ça te réconfortait de le porter, te cacher derrière un uniforme, pour te mêler à un service, à un rôle, qui dépassait la perception des autres. Ils te voyaient comme l’épicier, non plus comme l’amnésique qui ne connaissait même pas son nom. Tu étais satisfait dans ton rôle, à empiler les conserves de maïs, passer la loquer dans l’allée cinq, après le malaise d’un petit enfant – tu lui avais même offert une cannette de pepsi, pour qu’il aille mieux -, annoncer le prix, presque fièrement de l’avoir lu correctement. Les gens te voyaient à peine, et ça te satisfaisait, dans ta boule de timidité où tu te réfugiais si souvent. Tu ne t’étais pas encore fait d’amis. Tu n’en avais pas besoin. Tu n’aurais rien à raconter, et franchement, tu n’étais pas très curieux des autres. Tout au plus, il y avait ce jardinier, qui passait la tondeuse, chez ton vieux. Il te paraissait étrange, et tu t’étais fait la promesse d’aller lui parler, un jour. Il y avait une sensation familière en lui. Il te paraissait sympathique, un peu comme toi, gauche dans cette vie quotidienne.

Là, tu étais à la caisse, et tu gardais ce sourire préfabriqué, que tu placardais à tes lèvres, dès que tu en avais l’occasion. Réellement, tu savais pas comment sourire, alors tu imitais ceux que tu voyais, à la télé, ou dans la rue, parfois. Les gens n’y prêtaient pas attention, alors, tu pensais naïvement que c’était le sourire de l’homme invisible, que quelque part, il était magique, te permettait de passer inaperçu. Parfois, ils te semblaient si ennuyés, d’être ici. On t’avait raconté que tous, venaient du monde des contes. Déjà, le vieux avait dû prendre sa patience à bras le corps, et te raconter quelques-unes de ces histoires, fantastiques aux yeux des autres. Pour toi, tout ceci te semblait impossible, de finir aussi bien. Tu avais l’impression qu’il manquait un revers à ces brillantes médailles. Mais t’avais rien dit, et tu te retrouvais, jour après jour, derrière ta caisse enregistreuse, à vivre une vie de substitution, comme ils le faisaient, tous. Finalement, t’étais peut-être pas si différent qu’eux. Invisible, mais tu leur ressemblais, surement.

Puis, la cliente qui était devant toi, réagit à peine quand tu lui annonças le total de ses quelques achats, auxquels tu avais appris à ne pas être trop curieux. « Madame ? » Alors, tu levas le regard vers ton afficheur, vérifiant qu’il fonctionnait toujours, avant de reporter ton attention vide, et bleutée, sur la jeune femme. Tu la connaissais pas, un nouveau client, donc. Qui se comportait étrangement. « Tout va bien ? Est-ce que j’ai fait quelque chose qui n’était pas à votre convenance ? » Et tes doigts commençaient à jouer avec le rebord du scanner, presque inquiet d’avoir mal fait. Presque, seulement.
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MessageSujet: Re: familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana    Lun 23 Fév - 19:00


La douleur, toujours présente ne lui laissait pas un moment de répit. Sa magie aussi, ne se calmait pas. Elle était toujours aussi vivace, violente, ravivant la douleur par vagues selon ses envies. Elle qui était parvenue à la maîtriser il y de cela bien longtemps avait l'impression de revenir à ses débuts de Fée des dents, la douleur en plus. Elle ne pouvait pas lui en vouloir non plus, à sa magie. Toutes les deux ont été jeté dans se monde sans préambule et violemment qui plus est. Autant elle était censée être une créature du bien et tout le blablabla, cela ne l'empêchait de vouloir faire entendre son point de vue sur la situation d'une violente façon. Elle ne pouvait cependant pas se permettre de faire une telle chose dans l'immédiat – son incapacité à utiliser sa propre magie était le facteur le plus important de son inaction. Il faudrait qu'elle s'occupe de la chose de façon subtile, après, il était bien inutile d'avoir ce genre de pensée en sachant qu'elle ne pouvait pas vraiment faire du mal aux coupables au vu de son statu, Les avantages venant avec le titre de Gardien pensa-t-elle avec dérision.

La partie rationnelle de son être lui souffla qu'elle n'était pas si mal loti cela dit. Elle avait une tente dans laquelle elle passait chacune ses nuits depuis son arrivée. Certes, cela n'était en rien son lit du temple, mais au moins elle avait un duvet pour lui tenir chaud. Et bien qu'elle réduisît au maximum les interactions avec les autres habitants, vivant tant bien que mal dans les bois, elle en restait pas moins polie s'il le fallait. Polie, mais aussi peu que possible. Fallait pas trop lui en demander non plus. Elle se demandait si elle allait rencontrer une ou deux têtes connues dans cette fichue ville. Cela lui remonterait grandement le moral. Et elle n'aurait aucune rancune envers le destin ou autre chose de la même idée si l'une de ces personnes se trouve être Mia. Elle était prête à endurer le comportement invivable de la génie si cela signifiait avoir une tête familière et amicale dans cet endroit et pouvoir râler en toute impunité et peut-être s'arranger pour passer une nuit ou deux au frais. Toothiana roula les yeux devant sa propre bêtise. Ce genre de pensées n'était pas nécessaire pour lui rappeler qu'elle était seule et combien elle avait horreur de cela. Elle n'était pas faite pour la solitude et certainement dans un moment aussi critique. Certes, elle ne dépendait de personne, mais savoir qu'elle avait une épaule autre que la sienne sur laquelle se reposer était un sentiment des plus agréables. Elle grogna et se flagella mentalement tout en reprenant sa route vers la sortie de la forêt pour se rendre à l'épicerie qui s'y situait pas très loin. Elle avait fait l'acquisition de quelques pièces de monnaie et espérait pouvoir s'acheter quelque chose pas trop difficile à faire réchauffer sur un feu de bois. Ou peut-être demanderait-elle à un habitant de lui faire chauffer la chose dans cette boîte chauffante à l'étrange bruit.

Marchant calmement sans se presser, Toothiana profitait de la douceur du temps. Voilà quelque chose de plus agréable que la pluie. La chaleur sur son corps avait un effet légèrement bénéfique et si elle n'était pas aussi ennuyée par la situation actuelle, on aurait très bien la voir sourire de toutes ses dents. Si elle devait esquisser un sourire, la chose aurait plus de chances de ressembler à un étrange rictus qu'au geste amical. Autant s'abstenir donc. Elle retint à grand peine un gémissement de douleur quand une étrange impression la saisit en s'approchant de l'épicerie. Elle ne savait pas comment, ni pourquoi, mais sa magie avait senti une présence autant connue, qu'inconnue. Se réjouissant à cette idée, elle pressa le pas – pas trop non, sinon elle allait s'évanouir sous la douleur – vers l'entrée. Elle fit le tour des rayons avec plus ou moins d'empressement, attentive aux personnes qu'elle croisait, mais toutes restaient d'illustres inconnues. Un mouvement trop brusque, la tête qui tourne, elle s'appuya de toutes ses petites forces sur l'un des murs, priant silencieusement de ne pas s'effondrer maintenant. Pas quand elle sur le point de rencontrer ou même revoir quelqu'un. L'origine de l'affolement de sa magie était toujours présente l'épicerie et elle comptait bien la trouver. Le tour de tous les rayons fait et ses maigres emplettes terminées elle prit donc le chemin de la caisse où il y avait une légère file d'attente. Quelques minutes passèrent pendant lesquelles elle prit grand soin à reprendre ses esprits, tentant une séance de méditation rapide et debout essayant de calmer le déchaînement de sa magie. Qu'elle maudissait sa transformation forcée ! Elle était chanceuse de constater que les enfants croyaient toujours en elle sinon quoi elle se serait éteinte depuis un moment maintenant.

Elle reprit ses esprits en entendant la personne devant elle poser brusquement ses achats sur le tapis. Elle leva les yeux au ciel face à tant de brutalité puis déposa ses produits à la suite. La personne quitta les lieux après avoir payé et elle s'avança à son tour, se mettant au niveau du tenancier. Et c'est à ce moment-là que cela lui revint en mémoire. La présence que sa magie avait perçue était la même que celle d'un sombre et épais nuage qu'il lui était arrivée de croiser pendant les nuits. Pourtant, ce n'était pas complètement pareil. Elle n'arrivait pas mettre le doigt dessus, mais le jeune devant elle était le nuage, mais pas seulement. C'était étrange d'avoir un visage sur un nuage. Elle était certaine que, justement, il n'était qu'un nuage – magique certes, mais un nuage seulement. Elle se souvenait qu'à plusieurs reprises elle était restée dans les environs du nuage, l'observant, analysant, essayant de comprendre. Le nuage n'était pas comme le marchand de sable, son existence était plus sombre, mais il existait. Elle cligna rapidement des yeux en entendant la voix du jeune homme la questionnant sur le comportement « Tout va bien ? Est-ce que j’ai fait quelque chose qui n’était pas à votre convenance ? » Sa première pensée fut de trouver que le nuage avait un vocabulaire bien formel. Non, c'était faux. Elle ne s'attendait pas à l'entendre parler. Elle avait en souvenir la présence silencieuse de l'être et était encore plus surprise. Autant de souvenirs d'un coup aggravèrent sa migraine et elle s'appuya le plus possible sur le comptoir. Elle ferma ses yeux d'une étrange couleur mélangeant le marron et le violet puis les rouvrit et esquissa un semblant de sourire – dont la ressemblance avec une grimace était plus frappante qu'un sourire en lui-même – puis s'exclama « Non, vous n'avez rien fait de mal je... » elle se stoppa dans sa phrase et dévisagea plus franchement le noiraud, à sa stade, c'était impolie, mais elle ne pouvait s'en empêcher tant elle était confuse, puis elle reprit « Excusez-moi, mais ne nous sommes nous pas déjà croisé ? » Elle n'avait jamais pensé qu'un jour elle poserait ce genre de question à un nuage. Comme quoi tout pouvait arriver ...
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MessageSujet: Re: familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana    Mar 24 Fév - 10:39


Dire que tu étais persuadé que tu ne connaissais pas cette femme n’aurait été qu’une piètre plaisanterie à tes yeux. Jusqu’à il y a deux mois, tu ne connaissais personne, alors, tu ne fis même pas l’effort de chercher dans ta mémoire, désespérément vide, si tu la connaissais. Après tout, tu ne fonctionnais pas de la même manière que les autres. Tu le savais, et si ça avait dû te marquer plus fort que ça, tu n’y apportais aucune importance. Tu n’étais pas fait pour te lier aux autres, parce que les gens ne prenaient pas la peine de tenter de te comprendre. Alors, tu subissais ta solitude, que tu appréciais tant, en compagnie du vieux, qui persistait à t’apprendre, même quand tu te faisais mauvais élève. Tu aurais un petit sourire, que se rapprocherait de sentiments que tu ressentais vraiment – les peu que tu identifiais – si le contexte s’y prêtait. Non, là tu étais occupé à observer soigneusement la cliente. Si tu étais dérangé de sa latence, tu ne te laissais pas particulièrement impressionné, analysant déjà, par automatisme calculé, et froid, ce que tu pouvais comprendre chez ta cliente. Elle avait de la sueur, qui perlait à son front, et même infimes, tu arrivais à percevoir ses tremblements. Peace, t’étais pas familier avec les histoires de drogues, d’alcool, ou de dépendance, t’avais pas de place pour le préjugé, alors, tu arrêtas de triturer tes doigts, te penchant un peu plus vers cette femme. « Non, vous n'avez rien fait de mal je... » Ses yeux se plissèrent, lentement, alors qu’il tentait de voir derrière le mensonge.

Tu n’affichas pas un seul mouvement de recul, quand elle se fit plus insistante dans son inspection, mais tu te sentis envahi, de cet intérêt que tu ne désirais pas. Tu t’écartas un peu, ta mine ne cachant pas la surprise et la gêne d’une telle inspection. « S’il vous plait… Arr-» T’allais lui dire, poliment, de ta voix sur le point de devenir tremblante, que tu n’étais pas à ton aise, avec cette proximité. « Excusez-moi, mais ne nous sommes nous pas déjà croisé ? » Ta phrase mourut dans ta gorge, et tu eus du mal à l’avaler. C’était comme un coup de poing qui venait de s’écraser sur ton estomac – enfin, tu le supposais, mais t’avais jamais été frappé, tu l’ignorais parfaitement, t’avais juste lu ça dans un livre, et sur l’instant, tu supposais que ça ressemblait beaucoup à ça. Tes pupilles rétrécirent et ça se bouscula un peu dans ta tête. Personne n’avait jamais prétendu te connaitre. Ton regard fuit sur la droite et tu détaillas l’ensemble des rayons, et des clients qui y vaquaient, soudains fantôme à ton attention. Tu inspiras brièvement, recomposant ta posture en un clin d’œil, comme si pour toi, ce n’était qu’un jeu, de balayer ces émotions qui t’oppressaient, pour revenir à ce vide rassurant que tu appréciais tant. « Je ne pense pas, non. » Ton sourire de vendeur revint sur tes lèvres, mémoire musculaire. Tu fis tous les efforts du monde pour ne pas paraitre intimider, alors que ça tournait dans ton ventre, et tu soupçonnais le tourbillon de remonter jusque dans ta tête, sous peu.

Tu restas silencieux quelques secondes, oubliant ton devoir d’épicier, parce que, franchement, ça te paraissait futile, pour le moment. Alors, ton attention se porta sur la porte de la réserve et de la salle de repos. « Vous allez bien madame ? Vous ne me semblez pas en bonne santé. » Tu te hasardas sur le ton à prendre, ce qui te donna l’air hésitant, alors que franchement, tu l’étais pas. « Vous voulez-vous asseoir un peu ? » T’avais juste ton cœur qui battait à tout rompre, dans ta poitrine, et tu supposas que l’expression avait à voir avec tes côtes, parce que elles te parurent douloureuses. En un mouvement, tu te retournas vers l’autre caisse, où ta collègue était occupée à rendre la monnaie de son client. « Maggie, je vais m’occuper de madame, d’accord ? » Tu n’attendis pas qu’elle te renvoie son regard morne – celui que tu dédaignais tant - pour acquiescer. Elle était habituée à ce que tu joues les bons samaritains et tu avais entendu qu’elle laissait courir des rumeurs sur ton sujet, mais tu n’avais pas le courage de la confronter à ça. Et surtout, là, tu avais quelque chose de plus important à faire.

Tu posas le panneau, qui invitait les clients à passer à l’autre caisse et tu laissas les affaires de la jeune femme en plan, prenant soin de fermer ta caisse enregistreuse, en vendeur dévoué et prévoyant que tu étais. Tu fis le tour ta caisse et tu offris ton bras à ta cliente. « Vous allez bien ? Vous voulez quelque chose à boire ? Pourquoi vous avez dit qu’on s’était déjà croisé, avant ? » T’avais pas vraiment besoin de la tromper, elle. Tout ce que tu voulais, c’était être au calme et t’intéresser à ce qu’elle avait à dire. Eventuellement, l’aider un peu, mais, dans le fond, t’avais du mal à être inquiet pour elle. Toi, t’étais plus qu’un morceau d’excitation.
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MessageSujet: Re: familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana    Mer 25 Fév - 17:41


Non seulement elle était épuisée, mais en plus de ça, son savoir-vivre semblait s'en être allée à l'instant même où elle se trouva en présence du nuage, non de l'homme-nuage, ou peu importait réellement ce que cet être était, il n'en restait pas moins que Toothiana était confuse. Peut-être autant qu'elle l'avait été en se réveillant allongée sans aucune grâce sur le sol de la forêt, de la terre en bouche, un manque de plumes flagrant, une paire d'ailes de disparue et avait-elle précisé le manque de plumes ? Peut-être que oui, mais elle ne se le rappelait jamais assez. Ou au contraire, elle y pensait un peu trop. En même temps, il lui était quasiment impossible de ne pas y penser quand tout son corps hurlait à l'agonie – il était très probable qu'elle exagéra un poil sur ce point, mais elle souffrait c'était certain. Autant pour sa magie relativement calme qu'elle avait, en quittant la forêt. Était-elle si désespérer à l'idée de rencontrer une personne – ou quelque chose qu'elle avait jadis croisé ? La réponse était plus qu'évidente à en juger par l'agitation de sa magie sur le chemin de l'épicerie jusqu'à ce qu'elle soit en face de la personne – du nuage – en question. Elle aurait préféré que sa magie s'abstienne d'une telle agitation puisque, même avec le minimum requit pour amoindrir la douleur, elle aurait senti que le brun devant elle était le nuage. Voilà maintenant qu'elle s'était trouvée en train de fixer d'une façon toute sauf polie l'être devant elle, et quand bien même il n'en montra rien au départ, elle constata qu'il fut empli d'un certain malaise.

Quand elle l'interrogea sur une possible rencontre entre eux deux, sa réponse négative la décontenança quelque peu. Soit il n'avait jamais senti sa présence lorsqu'elle observait le nuage qu'il était – fut ? – soit il n'en avait aucun souvenir. Et honnêtement elle ne savait pas vraiment quelle solution était la meilleure, il était aussi possible qu'il y en est d'autre, de raisons, mais elle en était certaine, elle l'avait déjà croisé. Parole de fée – ou du moins, de ce qu'il en restait. Le côté négatif à la réponse du nuage-vendeur fut que sa magie ne le prit pas trop bien. À croire que toutes les années qu'elle avait travaillé au contrôle de cette force, difficile à dompter s'étaient envolé, tel un château de cartes quand une porte s'ouvre un peu trop brusquement. Mécontente de s'être fait ainsi malmenée par la transformation forcée – comme quoi même les désirs les plus inconscients ont des conséquences avec la magie le lui faisait sentir. Violemment. Et dire qu'elle avait pensé avoir passé cette phase depuis son arrivée, c'était presque pire. Elle sentait ses bras trembler et plus elle tentait de refréner la chose et plus elle avait le sentiment que cela s'empirer, son cœur aussi semblait avoir choisi de se joindre au rythme de sa magie qui s'agitait mesquinement en petites vagues, toujours plus rapides. Elle n'arrivait pas à entendre ce que disait le brun, elle distingua cela dit le verbe s’asseoir. « S’asseoir, en voilà une excellente idée. » parvint-elle à siffler entre ses dents, les sourcils froncer de concentration tant il lui en avait fallu pour formuler cette simple phrase.

Elle ne sentit plus qu'elle ne vit l'homme-nuage se déplacer pour se placer à ses côtés et lui proposer son bras, qu'elle saisit aussitôt qu'il lui fut proposé et qu'elle tînt peut-être un peu trop fort. Cependant, elle avait l'impression que la pièce tournait et avait donc besoin d'un encrage bien réel, pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Alors que le jeune homme la conduisait ailleurs dans le magasin, il lui demanda si elle souhaitait boire quelque chose et arriva à formuler « Je ne dirais pas non à un verre d'eau, si vous me permettez d'abuser de votre bonté. » Autant se montrer reconnaissante sur la gentillesse dont faisait preuve le nuage, bien qu'elle ne doutât pas d'une seconde motivation. Elle n'était pas complètement idiote, Toothiana et elle devinait bien que le sombre nuage, maintenant homme était curieux, ou tout du moins, c'est l'impression qu'elle avait, entre deux vertiges. Ils arrivèrent dans ce qu'elle supposait être une pièce réservée au personnel. Le brun la guida vers une chaise sur laquelle elle s'échoua avec autant de dignité qu'elle pouvait. Elle les voyait déjà arriver, les courbatures. Elle se pinça l'arête du nez et détailla encore une fois l'homme puis s'exclama « Tout d'abord, mes excuses pour ça. » montrant d'un geste des mains l'ensemble de sa personne. « Disons que je fais partie des personnes souffrant d'effets secondaires depuis l'arrivée dans cette ville. » Son dégoût face à la situation on ne peut plus visible sur son visage, elle souhaitait réellement faire comprendre au(x) lanceur(s) de cette malédiction que la magie n'était pas un jouet. Elle soupira, puis reprit d'un ton moins désagréable – son interlocuteur n'était en rien l'origine de ses malheurs, elle ne pouvait décemment pas rejeter toute sa colère sur lui. « Pour ce qui est de votre question ... » elle s'arrêta, peu sûre de la façon de procéder ; certainement qu'en tant que nuage il avait senti sa présence non ? Elle n'avait pas vraiment cherché à se cacher, elle avait juste observé. Peut-être avait-il perdu certains de ses souvenirs, comme pour l'année manquante de tous les habitants ? Hésitante elle reprit « Nous nous sommes déjà croisés, c'est certain. » ponctuant d'un hochement de tête ferme, la fin de phrase. Des étoiles noires dansant devant ses yeux, elle retînt à peine son grognement. « Cependant, vous comme moi, n'étions pas humain. » elle cracha le mot humain comme s'il s'agissait de la pire insulte de son vocabulaire. Elle n'avait que très peu envie de faire dans le politiquement correct dans sa situation, puis d'après ce qu'elle avait compris, cette malédiction avait été lancé une fois auparavant. Alors certes, c'était de la magie, mais de la magie lancée par des humains, elle avait donc tous les droits d'être en colère. N'avaient-ils rien appris ?
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MessageSujet: Re: familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana    Jeu 26 Fév - 17:41


Toi qui étais déjà bien frêle, tu la trouvais légère, autant qu’une plume. Tu n’eues pas à mettre beaucoup de force pour la soutenir et tu fis attention, où tu mettais tes pieds, pour permette à la cliente de marcher le plus facilement possible. Ta tête n’était pas dans tes actions, c’est vrai, mais ton corps y était, et tu prenais soin de la femme, sans pour autant y prêter une quelconque attention. Parce que c’était un bon épicier et que c’était un automatisme, pour toi, l’un des premiers que t’avais incrusté dans ta peau, alors, ça te venait plutôt vite. Maintenant que tu avais tes mains posées sur elle, tu sentais ses tremblements épars, et si tu faisais un effort, tu aurais même pu deviner sa douleur. Pas que tu voulais la partager, ou faire preuve d’une empathie que tu jugeais basse. Mais son mal être était évident et tu fus presque soulagé d’arriver à la salle de repos, où tu continuas de la guider, jusqu’à la chaise la plus proche. Tu n’aimais pas quand l’attention t’étais dédiée, et indirectement, tu n’aimais pas quand elle tournait vers les autres, surtout sur ceux qui piquaient ton intérêt. T’étais un gars discret, Peace. Pas simple, compliqué dans ta timidité et dans tes réflexions. Là, tu voulais avoir cette femme rien que pour toi, pour l’interroger, sans te faire interrompre par d’autres, sans sentir des regards que tu ne pouvais éviter. La salle de repos, c’était un peu comme ton monde, dans les heures de service. Tu t’y hasardais, quand t’avais pas le droit d’y être, pour te reposer des néons blancs, qui te brulaient la rétine, des intérêts des clients trop maladroits. Ça ressemblait à ta cabane, dans le fond du jardin du vieux, où t’avais emménagé. Ça avait la même tranquillité, la même froideur dans la vacuité de l’espace.

T’avais pas oublié la demande de la femme et tu allas jusqu’au distributeur d’eau, attendant que le verre en plastique se remplisse. Puis, tu tendis ton bras, pour le déposer, juste devant la femme. Et tu restas là, droit, le bleu de ton regard fixé sur elle. Tu l’étudiais, l’analysais, comme une bête malade, qu’elle était. Encore une fois, tu remarques à quel point elle était pâle, et tu te demandais quel mal pouvait l’habituer. Mais t’étais pas médecin, et à part cette curiosité, t’avais pas vraiment à cœur de l’aider à aller mieux, parce que tu savais que tu pouvais rien faire, réellement. Alors, tu culpabilisais pas pour un truc dont t’y pouvais rien. « Tout d'abord, mes excuses pour ça. » Tu hocha de la tête, tes mains posées sur la table, penché vers elle, sans être invasif. T’étais en retrait, et gardais ton espace personnel, rassurant pour sa sensibilité. « Disons que je fais partie des personnes souffrant d'effets secondaires depuis l'arrivée dans cette ville. » Ton fronças un peu des sourcils, l’interrogation tournant dans ton regard. T’avais pas entendu parler de ça. Parfois, toi aussi, tu avais mal au dos, quand tu te réveillais. Tu supposais que ça venait de ta sale manie de dormir sur le sol. Le vieux t’avait déjà engueuler pour ça, mais c’était pas vraiment de ta faute, tu te sentais mieux, sur la fraicheur du monde qui enrobait ton dos. « Pourquoi ça ? » Tu avais encore ta voix qui tremblait un peu, pas habitué à t’exprimer, loin de ta caisse enregistreuse. T’étais pas fait pour la conversation, et là tu la poursuivais, la nourrissait, même, ton intellect cherchant à comprendre qui était cette femme, et ce qu’elle était. Parce qu’elle avait ce dégout pour l’homme, qu’elle afficha, si facilement, alors que toi, tu faisais tout pour faire taire ça, qui trainait dans ton sang. Comme si le contact avec la race faible – celle à laquelle tu pensais appartenir- te détruisait.

« Pour ce qui est de votre question… » Tous tes gestes nerveux s’arrêtèrent d’un seul moment et tu te sentis comme en suspens, penché aux lèvres de cette inconnue, qui semblait avoir une part de vérité, d’histoire. Celle qui t’échappait, qu’un sort t’avait volé. Et elle, elle affirmait t’avoir connu. Ah. T’étais pas une apparition soudaine, Peace. T’existais, avant, réellement. Pas en chair et en os, mais t’en avais que faire, de la chair, de l’os. « Nous nous sommes déjà croisés, c'est certain. Cependant, vous comme moi, n'étions pas humain. » Tu t’appuyas un peu plus sur la table, assimilant le choc, qui te soulevait presque du sol. Tu pris même pas la peine de mettre en doute sa parole, parce que t’y croyais, aussi dur que le fer. Ça te subjuguait, en même temps que ça te perturbait. Quand le vieux te disait que t’étais spécial, tu pensais pas à ça, toi. Tu pensais qu’il disait ça pour te remonter le moral, te rassurer de ton amnésie. Le vieux, finalement, t’avais surement menti. T’avais cette colère, qui monta, et tes traits n’eurent pas le temps de le cacher. C’était de la folie, de la rage. Ta mâchoire se serra si fort, que t’aurais pu casser tes dents. Mais t’eus juste mal à tes gencives, alors que tu pris la peine d’inspirer, très fort. Pour tenter de te calmer, toi qui étais resté silencieux jusque-là, alors que t’avais la tête d’un mec qui était prêt à détruire le monde. Ce que t’aurais fait. Mais le seul monde que tu connaissais, c’était le tien, et tu le sentais en train de s’écrouler… ou alors de se construire, tu savais pas très bien, t’étais perdu. Et quand t’eus terminé de faire taire cette colère, reprenant cette expression égarée qui t’allait si bien, tu remontas ton regard sur la cliente – parce que t’avais fixé un point invisible, sur la table, qui renvoyait un peu la lumière du spot. « Je… Vous… On était quoi, alors ? » T’oubliais de lui dire que t’avais perdu ta mémoire, quelque part, surement dans un arbre mort, ou un coin glauque à souhait, comme tu les aimais, quand t’étais pas le toi du présent.

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MessageSujet: Re: familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana    Mar 24 Mar - 12:11


Elle dégustait le verre d'eau offert par l'étrange nuage, qui n'était plus vraiment un nuage, mais qui l'était toujours pourtant – qui, déjà, avait mentionné l'idée de paradoxe ? Secouant mentalement la tête, Toothiana but une nouvelle gorgée. Il était étrange qu'une boisson si banale soit autant efficace. À l'avenir, peut-être vaudrait-il mieux en transporter une bouteille si elle devait s'aventurer au-delà de la forêt où elle campait.
Elle sentait le regard inquisiteur que lui lançait l'étrange être en face d'elle. Bien que ce genre d'insistance puisse la rendre plus mal à l'aise, le brun semblait bien trop curieux pour se soucier des conventions instituant que, fixer une personne trop longtemps avec une telle force était considérée comme impolie. Puis, cela aurait hypocrite qu'elle fasse une remarque à ce sujet sachant qu'elle était tout autant intriguée et s'il n'y avait pas eu cette soudaine crise, cela aurait été encore meilleur, elle n'avait cependant pas le choix en la matière, à son plus grand dam.

Présentant ses excuses par rapport à sa pauvre personne, piteusement assise sur une chaise tout en tentant de reprendre un semblant de contrôle sur elle-même ainsi que sa magie. La pièce tournant un peu moins maintenant qu'elle n'était plus debout, elle justifia la raison de son malaise pour ensuite se voir retenir un petit rire – qui l'aurait fait plus tousser qu'autre chose compte tenu de la situation – en constatant l'avide curiosité de jeune homme (elle ne parvenait toujours pas à mettre une appellation sur ce qu'il était, alors cela variait d'une pensée à l'autre). Pourquoi diable souffrait-elle d'effets secondaires ? Quelle bonne et mauvaise question. Devoir repenser à sa situation le rendait toujours plus en colère, ce qui n'arrangeait en rien son mal-être ; un cercle vicieux, voilà ce que c'était. Une chose était certaine cependant ; l'être en face d'elle n'était pas un adepte de la communication. Cette constatation confirma quelque peu les petites hypothèses qu'elle avait faite sur le nuage : il ne devait pas avoir de forme particulière et donc aucune raison de communiquer à la façon des humains. En repensant à ceux-ci, elle pensa qu'elle aurait peut-être du mieux camouflé sa rage à leur encontre avant de finalement hausser les épaules, cette situation était de leurs fautes, elle n'allait pas chercher à être correcte envers ce genre d'imbéciles. Consentant enfin à répondre à l'interrogation du brun « À l'origine, je ne suis pas humaine » Merci bien, pensa-t-elle férocement « du coup, lorsque j'ai été prise dans la malédiction, pour être conforme à ce que cela impliquait, j'ai été forcée de prendre forme humaine, chose que je n'avais faite depuis des lustres et que je ne voulais pas faire de toute façon. » Elle serra les mâchoires pour ensuite prendre une grande respiration et enfin attrapa le verre d'eau qu'elle avait posé sur la table afin d'en boire une autre gorgée et reprit « Une transformation forcée, lorsqu'elle n'est pas désirée, se peut d'être très douloureuse. » Termina-t-elle d'un ton légèrement docte.

Elle observation l'homme qui n'en était pas un en face d'elle, lui laissant le temps d'intégrer ses paroles – peut-être cela l'aidera-t-il à mieux comprendre certaines choses quant à sa propre situation ? Pas qu'elle souhaitât savoir s'il était lui-même sujet à ce type de douleurs et de toute façon, il semblait plus que perdu sur sa propre existence au vu de sa question suivante « Je... Vous... On était quoi, alors ? » Voilà qui n'arrangeait en rien la colère qu'elle ressentait envers les responsables de la situation. Non content d'avoir forcé les habitants de la Forêt Enchanté à quitter une nouvelle fois leur habitat pour ce monde, il avait fallu qu'il y ait un sort ou une potion d'amnésie s’étendant sur toute une année. Cela dit, pour le nuage, cela devait être beaucoup plus qu'une simple année ; toute son ancienne vie serait plus exacte. Elle ne savait pas trop comment elle allait lui donner des indications sur ce qu'il était, étant donnée qu'elle-même ne le savait pas trop – bien qu'elle ait quelques idées. « En ce qui me concerne, je suis la Fée des Dents, Toothiana. » Annonça-t-elle la voix pleine de fierté, après tout, elle était ravie de qui elle était et surtout de son magnifique plumage. Raison de plus pour laquelle elle était en colère, elle ne l'avait plus, de ce fait elle se sentait tellement invulnérable que ça lui donnait la nausée. « Et je ne suis en rien comparable aux fées qui sont en ville » Elle ne saisissait toujours pas pourquoi elles restaient aussi soumises à leur sort. Honnêtement, même n'ayant rien contre une forme humaine, il était toujours douloureux de passer d'une forme à l'autre. Elles avaient bien le droit d'être en colère, mais non. Roulant mentalement des yeux elle reprit son attention totalement tournée vers l'homme-nuage « En ce qui vous concerne … Je sais seulement que vous aviez la forme d'un nuage noir. Toujours présent de nuit, dans l'obscurité. » Ce n'était pas grand-chose comme information, aussi espérait-elle qu'il n'en prendrait pas ombrage. « Nous n'avons pas vraiment eu la chance de discuter. Je suis cependant persuadée que vous aviez conscience de ma présence. » Elle adressa une mine désolée sur le peu d'information qu'elle était capable de donner. Puis s'étira légèrement, cherchant à faire partir le fourmillement de son corps – sans grand succès.
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familiarité, comme cette sensation, qui se balade sur le bout de la langue ▬ Toothiana

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