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 You and I are so far from home {Toothiana

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MessageSujet: You and I are so far from home {Toothiana   Mer 25 Mar - 19:55






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Type du sujet : [X] Flash-Back [] Présent
Date du rp : 12 juin 2014
Météo (approximative) : Journée chaude, ciel bleu
Matin, après-midi, soir : Fin de matinée
Statut du sujet : [] libre [X] privé
Statut du rp : [X] en cours [] terminé




Mahélia, elle serait bien restée chez Galaad toute la journée. Seulement voilà, c'était chez Galaad. Et si, pour les derniers moi, c'était un peu aussi devenu son chez elle, au plus grand damne du principal concerné, ça supposait que le brun y passait une bonne partie de son temps. Dernièrement, Mahélia ne souhaitait pas plus que ça le croiser. Ca la fatiguait, leurs disputes incessantes, ça la rendait malade l'inquiétude dans ses yeux. Elle aurait préféré qu'il ne se rende jamais compte que son mal être était si profond. Encore qu'il ne connaissait pas toute l'étendue de le funeste destin qui l'attendait si elle s'attardait trop dans cet univers. Mais plus que ça, c'était leur rapprochement qu'elle gérait mal. Elle avait besoin de prendre du temps loin de lui, aussi douloureux que ce soit, pour se prouver qu'elle restait indépendante de sa présence. Et aujourd'hui était un bon jour pour faire juste ça. C'est que si les génies étaient vagabonds, Mia avait toujours préféré les environnements où la chaleur généreuse du soleil se faisait presque canicule. Elle n'allait donc pas bouder les premiers beaux jours de l'année. Puis la douleur n'était pas insupportable ce jour-ci, ce qui était un bonus non négligeable. Une fois convenablement réveillée -ce qui pouvait prendre du temps-, elle avait enfilé un short en jean et un haut blanc en dentelle assez ample pour profiter comme il se devait de l'été. Son roman policier, ses lunettes de soleil et une pomme rejoignirent vite le contenu habituelle de son sac et elle réussit aussi à y fourrer une vieille couverture usée. Le reste était prévisible : matinée farniente dans un des parcs de la petite ville.

Seulement, toutes les bonnes choses ont une fin. Et les livres aussi, à la plus grande frustration du génie. Mahélia, en soit, n'avait jamais été particulièrement friande de bouquins. Mia ne les avait pas aimé avec beaucoup plus de passion. Et pourtant, depuis la fin de la malédiction, la blonde en avait dévoré un nombre impressionnant. La raison en était bien simple : dans son état, toute distraction était bonne à prendre. D'une pour ne pas laisser la douleur s'imposer à sa conscience et la submerger et, de deux, pour éviter que la frustration ne la pousse à mettre les pieds dans le plat et régler elle-même les problèmes familiaux de Blanche Neige et Compagnie. Elle ne s'abaisserait pas à ça tant que son problème ne deviendrait pas urgemment critique. Merci bien, elle avait un orgueil à protéger. Bref, tout ça pour dire qu'elle ne pouvait décemment pas rester à profiter du soleil sans rien faire. La sieste dans un lieu public, très peu pour elle. Mais elle ne voulait pas non plus rentrer. Du coup, la course d'action suivante était la plus logique : aller acquérir un nouveau livre. C'est ainsi que Mahélia échoua à la librairie. Perdue dans les divers résumés des articles dont les couvertures avaient attiré son regard, elle tentait tant bien que mal de trouver ce qui piquerait son intérêt. Autant dire que la tâche s'avérait plus compliquée que prévu. Enfin, elle faisait la difficile mais peu importe ce qu'elle finirait bien par choisir, elle dévorerait la chose, intéressante ou pas.

Ne prêtant donc pas vraiment attention à son entourage, elle ne s'expliqua pas la brusque sensation de familiarité qui la poussa à lever le bout de son nez. Trois autres clients étaient présents : une femme, un homme et une gamine. Elle ne connaissait aucun d'eux. Et elle en serait volontiers resté là, Mahélia, si seulement cette fichue impression de déjà-vu ne flottait pas dans l'air. Elle pouvait dépérir du manque de magie dans ce monde, cela ne voulait pas dire que la sienne n'était plus sensible aux autres empreintes magique, bien au contraire. Se concentrant un peu plus, parce que c'était franchement agaçant de ne pas pouvoir se concentrer sur son choix en paix, elle finit par mettre le doigt dessus. Toothiana. Comment avait-elle pu ne pas reconnaître sa vieille amie ? Bon, pour sa défense, elle ne voyait aucune fée à plume surexcitée dans le coin. Mais, encore une fois, les malédictions avaient changé bien des choses, dont l'aspect physique des individus. Elle en prendrait pour preuve le rajeunissement d'une certaine oracle -et, vraiment, à quoi bon rajeunir quand on planifiait ce qu'elle planifiait ?-. Alors, dans l'hypothèse où l'impératrice des dents ne lui avait pas menti sur son sexe, il suffisait de déterminer qui de la gamine et de la jeune femme était la bonne pioche. La petite fille était la plus proche d'elle. Mahélia reposa donc le livre qu'elle avait en main pour aller en inspecter un nouveau, se rapprochant de l'écolière en se faisant. Nope. Le fourmillement de sa magie s'estompa, lui indiquant efficacement qu'elle s'éloignant de celle de Tooth. La femme donc. Elle avait l'air perdu dans ses pensées, complètement absorbée par ce qu'elle feuilletait. Un sourire amusé aux lèvres, Mia se rapprocha doucement, silencieusement. Elle jeta un coup d'oeil aussi de l'épaule de son amie. « Hey ! Où est-ce que tu as pioché ça ? Ca a l'air intéressant. » Elle qui cherchait un truc potable, la voilà servie. Elle se régala un instant de la surprise de son amie, lui décernant un sourire de sale gosse caractéristique de sa petite personne. « Salut Tooth, ça fait un bail. » Elle fronça un instant les sourcils, prenant en considération la forme humaine de la fée. Autant sauter la question du comment ça va, la réponse était à peu près évidente. « Cette nouvelle forme manque un peu de couleurs, dis moi. Pas vraiment digne d'une dame de ton envergure... Comment tu t'es retrouvé dans ce coin perdu ? » Bien sur, il avait fallu qu'elle pointe du doigt l'absence des plumes. C'était juste plus fort qu'elle, Mahélia n'avait pas pu résister. Pourtant, si le ton était aussi moqueur et léger qu'à l'ordinaire, il y avait une étincelle de colère au fond de ses yeux qui promettait une douce vengeance contre les responsables.
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MessageSujet: Re: You and I are so far from home {Toothiana   Ven 27 Mar - 18:43


Le soleil brillait avec une telle intensité que cela la réveilla très tôt ce matin. C'était rafraîchissant, comme un baume pour des blessures n'étant toujours pas cicatrisé. Un temps pareil avait tendance à la rendre suffisamment de bonne humeur pour faire plus ou moins abstraction de la douleur due à sa magie, toujours mécontente du traitement subie lorsqu'elle fut prise dans cette fumée mauve, synonyme de mauvaise augure – ainsi que promesse d'emmerdement futur les responsables. Et Toothiana avait une très bonne de l'origine de cette malédiction. Non sans savoir la personne qui en était l'origine il était simple, même pour une personne moyenne pourvue d'un encéphale et dotée de cette fascinante capacité qu'est la logique et la réflexion, de mettre toutes les chances de son côté en supposant qu'il s'agissait des Charming et de leur entourage proche – les mauvaises langues lançaient la pierre sur la Méchante Reine, qui avait la toute première malédiction (dans un but tout bonnement égoïste, si on lui demandait son avis). Cependant, tous ses gens ne tenaient pas compte de ce que le désespoir était capable de faire faire, même aux plus « gentils » d’entre-deux.
Constatant que la tournure de ses pensées allait la rendre de mauvaise humeur, alors que quelques instants plus tôt, elle aurait presque été capable de danser la gigue tant elle était joyeuse – elle avait eu l'impression de retrouver son ancienne elle, les plumes et la grâce en moins. Un grognement suivit de noms d'oiseaux plus tard, Toothiana se leva en direction de la salle de bain afin de se rendre plus présentable ; nuls doutes qu'elle entendait, dans son esprit, des remarques sur son manque de style, en guise vêtement de nuit et étrangement, ces remarques sonnaient comme celles de son amie la génie – qu'elle n'avait pas revue depuis un bon moment maintenant et dont la présence commençait à lui manquer (pas qu'elle l'avouerait à voix haute, fallait pas pousser mémé dans les orties non plus).

Avant de se rendre dans la salle de bain, elle fit ses quelques étirements qui, mine de rien ne l'aidait pas trop mal à survivre toute une journée si sa magie n'était pas trop sollicitée. La chose faite, elle se précipita dans la douche, profitant de la chaleur de l'eau détendant légèrement ses muscles encore bien trop noués à son goût. Elle siffla un juron – elle pouvait presque entendre les réprimandes de Tyl face à ça – en constatant qu'elle avait encore oublié de prendre ses vêtements et de les apporter dans la salle de bain ; nuant donc une serviette autour de sa taille, elle était bien contente d'être seule dans l'appartement – elle n'était toujours pas à l'aise avec son corps et ayant adopté sa forme de fée pendant tellement longtemps, il lui était difficile de ne pas faire constamment des comparaisons ; les plumes et les ailes gagnant chaque round contre, contre, tout ce qui faisait d'un être humain, un être humain. Très peu préoccupée par son style vestimentaire, quand bien même elle essayait de faire en sorte d'assembler les couleurs du mieux qu'elle pouvait, elle se vêtit donc d'une chemise Jade, lui rappelant douloureusement son plumage manquant, ainsi que d'un jean ample, trop grand au niveau des pieds et dont elle raccourcis les jambes en faisant plusieurs ourlés. Une paire de chaussures basses blanches et le tour étaient joués. Elle n'avait pas vraiment le besoin de chercher à paraître classe sous cette forme, d'une part parce qu'elle en avait rien à faire de l'avis des gens à ce sujet et qu'en plus très peu de personnes savaient sa véritable identité, d'autre part son manque d'intérêt matériel jouait un rôle trop important pour que des choses aussi futiles l'intéressent.

Ne travaillant pas aujourd'hui, elle avait plus ou moins programmé sa journée. En outre, aucune activité requérant une activité physique intensive – quand bien même elle aurait bien été partante pour une petite balade dans les cieux, cette activité demandée d'être pourvue d'au moins une paire d'ailes, appendice dont elle était tristement dépourvue dans l'immédiat. Elle avait donc pensé profiter du bon temps en allant bouquiner, soit à la terrasse d'un café – ou bien d'un salon de thé dont elle ne cessait d'entendre que les bienfaits des boissons proposées, cela dit elle avait entendu parler de la tenancière et plus loin elle ne tenait de la jeune femme, pas si jeune que ça, moins elle risquait de faire partie des informations à vendre. Elle était dépourvue de ses plumes et de ses ailes, pas de son instinct de survit. Puis elle-même ne se débrouillait pas trop mal avec les décoctions à base de plantes. Quoi qu'il en soit, avant de décider où elle allait profiter d'une terrasse, d'un livre et du bon temps, il lui fallait d'abord partir à la recherche d'un livre.

Toothiana déambula sans se presser dans les rues de la ville avec pour objectif de se rendre à la librairie. C'était l'un des endroits les plus aisés à trouver dans la ville au vu de son emplacement, soit sous la grosse horloge qui, selon ce qu'elle savait – autant le dire, peu – avait cessé de fonctionner pendant les 28 années qu'avaient duré la première malédiction pour se remettre en fonction lors de l'arrivée de la Sauveuse plus communément appelée Emma Swan – certes, Toothiana n'était pas au courant de tous les racontars de la ville, elle laissait cette place avec le plus grand plaisir à la demoiselle tenant le salon de thé (et dont le nom et plus qu'une indication sur son véritable but, elle ne pouvait pas nier que cela l'ait fait sourire cela dit, Soyala avait toujours un sens de l'humour qui lui était propre) et elle n'était pas non plus sourde, enfin, elle avait plutôt demandé à Age ce qu'il savait sur la situation et n'avait pas cherché à en savoir plus.
Ouvrant la porte et saluant la propriétaire – Belle, si elle se souvenait bien des paroles du chat. Elle fila sans plus de cérémonie dans les rayons, piquant un livre au hasard lisant la couverture et reposant l'objet aussitôt la chose lu. Il y en avait tellement, qu'il s'avéra plus compliqué que prévu. Elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir à plusieurs reprises, si bien qu'à un moment donné elle sentit qu''il y avait en tout cinq personnes présentes dans la pièce – la propriétaire incluse. Elle sentit le tout grâce à sa magie et sans ressentir le besoin de s'asseoir et sans nausée, ce qui était un progrès non négligeable mine de rien. Elle sentait juste le bourdonnement d'une migraine dû à une présence familière. Rien de bien nouveau, la migraine et ne voulant pas jouer avec le feu elle détourna son attention vers un autre livre. Elle verrait bien pour la présence plus tard.

Lisant le résumé en diagonale puis plus attentivement, elle se dit qu'elle avait peut-être trouvé le livre. Alors qu'elle s'apprêtait à en lire quelques pages afin d'être certaine de son choix, une voix se fit soudainement entendre près de son oreille. « Hey ! Où est-ce que tu as pioché ça ? Ça a l'air intéressant. » Elle réussit à grand peine à retenir l'immense sursaut, mais pas la raideur de son corps se redressant face à la surprise d'une telle proximité. Et elle eut encore plus de mal à retenir le sourire béat en reconnaissant la propriétaire de la voix. Son amie de génie, Mia. Taquine, elle fit mine de continuer l'inspection de son livre, lisant quelques phrases comme elle l'avait prévu avant de se faire si grossièrement interpellée. Il ne fallut pas longtemps pour que la génie ne prenne de nouveau la parole « Cette nouvelle forme manque un peu de couleurs, dis-moi. Pas vraiment digne d'une dame de ton envergure... Comment tu t'es retrouvé dans ce coin perdu ? » Soupirant plus par habitude que par réelle vexation, Toothiana leva enfin les yeux vers sa vieille amie, un léger, bien que réel sourire aux lèvres « Mia » salua-t-elle ne cachant pas le réel soulagement de rencontrer enfin une personne amicale. « Je suis ravie de constater que mes couleurs te manquent autant qu'elle me manque. » Un éclat de colère si peu caractéristique de sa personne en tant normale traversa ses yeux dont les pupilles passèrent subitement du marron au violet pour revenir au marron. La raison pour laquelle la méditation était recommandée quand on perdait le contrôle de sa magie, c'était parce que cela aidait à contrôler ses émotions – plus facile à dire qu'à faire.« Comment j'ai prise là-dedans hm ? Une collecte de dents, tu t'en doutes bien, aux alentours de la forêt Enchantée, de la fumée mauve, et paf, atterrissage plus que douloureux et une transformation forcée dans cette ville. » répondit-elle avec désinvolture en haussant les épaules, comme si son sort lui importait peu, mais Mia savait mieux que ça. Toothiana savait aussi que Mia n'était pas la personne la plus apte à gérer une crise de nerfs. Souriant à son amie, elle reprit « Qu'en est-il de toi ? » si la question était aussi courte et simple, c'est parce que même sans forcer son attention sur la rousse, elle sentait qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas chez son amie et elle ne voulait pas la braquer. Vraiment, parfois la génie réagissait comme un chat que l'on avait balancé dans l'eau, c'est-à-dire en sifflant et sortant les griffes – une comparaison qu'elle ne ferait probablement jamais à haute voix cela dit.
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MessageSujet: Re: You and I are so far from home {Toothiana   Ven 27 Mar - 20:48


C'était quelque chose qu'elle n'avait pas soupçonné jusque là, le génie, que la présence d'une amie puisse lui manquer à ce point. Pour sa défense, elle n'en avait pas beaucoup d'amis. Et elle ne partageait pas non plus le sens que la plupart des gens associaient à ce mot, elle en voulait comme preuve la drôle de relation tordue qu'elle entretenait avec Mnémis. Pas que sa relation avec Toothiana soit un modèle de normalité non plus. Mais malgré leurs débuts plutôt agressifs, la fée avait dorénavant une influence bénéfique sur le caractère de la blonde. Bien que la simple idée fisse grimacer la principale concernée. Si elle ne se rendait pas compte des changements qui s'opéraient dans son comportement en présence de l'impératrice des dents, ils étaient on ne peut plus flagrants pour un observateur extérieur. Mahélia, c'était le génie impitoyable, la femme d'une exigence froide, manipulatrice implacable et égoïste irrécupérable. Si elle était toujours capricieuse et moqueuse envers sa vieille amie, le reste de sa personnalité s'adoucissait. Elle s'abaisserait sûrement à lui mentir, mais jamais à la manipuler ou à la blesser. Elle avait déjà fait ça une fois, elle ne recommencerait pas. Surtout que, dans ce monde, sa présence pouvait lui être plus propice que nulle part ailleurs. Ça faisait trop longtemps qu'elle souffrait et qu'elle se réfugiait dans une attitude d'inconsciente têtue et insupportable. Elle en était presque aigrie. Le sourire qui fleurit sur ses lèvres devant les efforts manifestes de la fée des dents était l'un des rares depuis la fin de la malédiction qui ne provenait pas d'un amusement sombre, amer ou cynique.

« Mia » La syllabe lui fit lever les yeux au ciel. Toothiana avait toujours été la seule à la nommer ainsi dans la Forêt Enchantée. Aujourd'hui, après vingt-huit longues années passées dans la peau d'une autre, avec les souvenirs d'une autre, elle ne pouvait plus considérer le surnom comme sien. Mia était presque une entité à part entière, une humaine trop travailleuse et perfectionniste pour savoir s'amuser comme le génie l'entendait. Oh, elle ne se nierait pas l'attachement qu'elle avait pour cette version dénaturée d'elle-même. L'organisatrice avait une forme de force qui faisait défaut au génie : elle était persévérante, volontaire, déterminée à tout donner pour atteindre ses objectifs. Mahélia n'avait jamais eu à travailler pour quoi que ce soit et c'était bon de voir que, même si uniquement dans une existence factice, elle en était capable. Toujours est-il que l'appellation ne lui semblait plus naturelle, même si elle n'avait pas l'envie de corriger son amie. Il y aura bien un moment propice pour parler de tout ce qui leur était arrivée pendant ces dernières décennies. Pour le moment il y avait un sujet bien plus intéressant : la disparition des plumes de sa vieille connaissance. C'est qu'elle perdait vraiment de sa royale comme ça. Il aurait même été terriblement facile de la confondre avec une humaine ordinaire sans son empreinte magique si particulière. Si familière. A cette pensée, elle tiqua, songeant soudainement à Galaad. Serait-il possible pour Tooth ou pour tout autre créature de sentir si clairement la part de sa magie qu'elle avait laissé dans l'homme ? Ou cette trace était-elle si infime que seule son organisme y réagissait ? C'était des questions qui nécessiteraient une petite investigation. Maintenant qu'elles s'étaient imposées à son esprit, elle ne pouvaient rester sans réponse. Mais, soit. Ce n'était pas le moment de laisser son esprit épuisé par cet univers divaguer. Elle serra légèrement la mâchoire à la déclaration de la Sainte Patronne des Dentistes. Sérieusement, il y en avait qui n'avait pas idée à quel point maudire un si grand ensembles de créatures potentiellement dangereuses était une mauvaise idée. Sans doute l'apprendraient-ils dès qu'ils réintégreraient tous leur monde d'origine. Mahélia, pour son cas, projetait déjà une des vengeances dont elle avait le secret et elle pouvait lire dans les yeux de Toothiana qu'il en allait de même. « A qui ne manquent-elles pas ? Esthétiquement parlant, on ne peut que les aimer. » De toutes les nuances, animées de reflets vifs quand elles captaient le moindre rayon de soleil, les plumes de la fée lui conférait une grâce surnaturelle, toute aérienne. Effet renforcée par les déplacements rapides et incessant de leur fière propriétaire. Mais ça aussi avait disparu. Pas que ce soit étonnant, la blonde pouvait le sentir dans l'air, la magie de Tooth, sa force vitale, en avait pris un coup. Rien que l'idée de la voir affaiblie alimentait efficacement la rage et le ressentiment de Mahélia.

D'un autre côté, elle ignorait exactement ce que Toothiana pouvait sentir provenant de sa propre magie. Des fluctuations incessantes, sans doute, une sorte de torrent grondant à l'énergie changeante, gardée sous le contrôle implacable d'un barrage qui ne la rendait que plus dangereuse. D'ordinaire ce flux se stabilisait de lui-même, étroitement lié à la magie qui circulait si librement et si abondamment dans le monde des contes. Mais qu'irait-elle en déduire ? Les réserves du génie n'avait jamais atteint une si grande puissance, si l'on faisait abstraction de leur turbulence constante. Pourrait-elle deviner qu'en l'absence d'autres flots de magie dans son environnement, celle de Mahélia ne pouvait plus s'écouler normalement et retournait sa frustration à l'intérieur même dans son corps ? Quand bien même elle arrivait à la conclusion que ce ne pouvait être bon pour elle, sentirait-elle son agonie ? La blonde ne le souhaitait pas. Premièrement, elle était trop orgueilleuse pour supporter l'idée d'être si faible, sans parler de ce quelqu'un d'autre l'apprenne. La pitié qui en découlerait était hors de question. Deuxièmement, elle ne voulait pas inquiéter la fée. Cette histoire serait réglée assez vite, il n'y avait aucun besoin de la mettre au courant de sa condition. Ça suffisait déjà que Galaad l'ait surprise en pleine crise. « Paf, atterrissage plus que douloureux et une transformation forcée dans cette ville. » Mahélia grimaça. Toute cette histoire n'avait rien d'agréable, pour elle comme pour son amie. « Au moins la première malédiction présentait l'avantage d'avoir été faite un peu plus en douceur. Quoique, ça aurait sûrement eu les mêmes répercussions sur ta magie à la fin. » Elle savait de quoi elle parlait. Elle n'avait pas eu le temps de se réjouir de retrouver pleinement ses esprit, sa mémoire et sa conscience d'elle-même que la douleur l'avait clouée au sol. Elle ne s'était pas estompée depuis, elle avait juste appris à vivre avec. Pas qu'elle aille donner ce genre d'informations en réponse à la question certes légitime de son amie. « Comme je te le dis, ce n'est pas une première expérience. Je commence d'ailleurs à en avoir doucement marre qu'on joue ainsi avec ma tête. Certaines personnes vont apprendre que ma patience est plutôt limitée et que j'apprécie moyennement toutes ces irruptions dans ma mémoire. » Elle reprit les reines sur son agacement, l’extériorisant en un long soupir qui permit à son corps de se détendre. Ses muscles étaient suffisamment endoloris comme ça. « Je n'ai aucune idée de ce que j'ai fait pendant une année entière. Je suppose que j'étais rentrée dans notre monde, mais honnêtement, je me suis réveillée à l'appart comme si rien n'avait changé. Ce n'est qu'à cause de la date à la radio que j'ai compris qu'un truc clochait. Comme tous ceux qui avaient été pris dans le premier sort en fait. »

L'air conditionnée fit finalement frissonner la blonde, lui rappelant efficacement qu'elle s'était habillée pour profiter du soleil et pas s'enfermer dans une librairie. Changeant brusquement de sujet, elle retrouva le sourire et désigna d'un mouvement du menton le livre que tenait toujours Toothiana. « Tu comptes le prendre ? » Sinon, aucun doute qu'elle s'en chargerait. Certes, elle avait déjà deux autres bouquins durement sélectionnée coincés sous un de ses bras, mais ça ne la stopperait pas. Vu le rythme auquel elle dévorait les pages ces jour-ci, un troisième roman serait toujours le bienvenu. « Parce que, je n'ai rien contre cet endroit, mais je serais bien plus à mon aise dehors à profiter du temps. »
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MessageSujet: Re: You and I are so far from home {Toothiana   Ven 27 Mar - 23:54


Elle ne pouvait pas sérieusement prétendre que la présence d'une amie de longue date ne venait pas d'illuminer son séjour dans cette maudite ville – d'ailleurs, si les allés et venus des malédictions ne cessaient pas, elle envisageait très sérieusement de rayer la Forêt Enchanté de sa carte de collecte de dents. Quand on lui cherchait des plumes, on lui en trouvait. C'est qu'elle pouvait avoir la rancune tenace, mine de rien, Toothiana. Sentiment vivement conseillé à ressentir selon son amie le génie. Il n'avait pas fallu beaucoup de discussions pour qu'elle consente à se laisser aller à sa rancœur. De façon raisonnable tout de même, fallait pas non plus trop en demander ; quoiqu'en y repensant, elle n'ait aucun doute quant à sa capacité à ressentir ce sentiment pleinement si on l'y poussait.
La seule chose qui l'empêcherait de bannir la Forêt Enchantée de sa ronde de collecte était bien le fait que cet endroit grouillait d'enfant, et elle ne voulait pas les perdre. Enfin pour l'instant, car elle savait très ce qu'il advenait quand ils devenaient des adultes. C'est un sujet sur lequel elle ne pouvait stopper ses réflexions et elle doutât d'être un jour capable de ne plus y penser. Il y avait une autre raison pour laquelle son rétablissement de cette ville était aussi lent et laborieux, en effet, non content d'avoir été forcée à prendre forme humaine dans un monde dénué de magie – outre celle qui y avait été importée – elle sentait, à cause de cet état de faiblesse, tous les enfants qui cessaient de croire en elle. La sensation était loin d'être la plus agréable. En réalité, si elle devait choisir entre se faire arracher une plume, ou perdre un enfant croyant en elle, son choix se porterait d'office sur la perte d'une de ses plumes, pourtant si chère à ses yeux. C'était pour dire à quel point c'était une douleur très peu supportable, alors ajouté à une magie agitée – pour ne pas dire sauvage – il lui fallait tout son self-control pour ne pas sombrer dans la folie. Eh non, ce n'était pas exagéré. C'était bien seulement grâce à toutes les années de contrôles derrière elle qu'elle était capable de faire une légère abstraction. Le maître mot ici était bien entendu légère. Personne n'était au courant de cet état de fait, à part peut-être les autres gardiens, si cela se passait de la même façon pour eux et comme cela n'était pas vraiment l'un des sujets qu'ils appréciaient aborder …

Le roulement des yeux de son amie fut tellement rafraîchissant qu'elle ne prit pas la peine de faire semblant d'en prendre ombrage. Le génie et elle avait une relation des plus étranges, leur rencontre remontant à un bon moment maintenant et ne la montrait pas sous son plus beau jour. Cela n'était cependant pas la relation la plus étrange qu'elle avait, songea-t-elle un nuage noir prenant place dans son esprit pour être remplacé par son homologue humain (autant humain qu'un ancien nuage puisse l'être, cela va sans dire). Elle avait l'impression d'être entourée de mi-quelque chose, en y repensant. Homme-chat, homme-nuage. Le monde était vraiment étrange, parfois.
« À qui ne manquent-elles pas ? Esthétiquement parlant, on ne peut que les aimer. » Flatterie, vieille bonne flatterie. Elle aimait toujours vanter son merveilleux plumage, cependant, elle préférait le faire quand elle avait possession dudit plumage. Elle arbora un sourire arrogant, que très peu de personnes lui avaient vu « Je suis ravie de constater que nous sommes du même avis sur ce point ma chère. Certaines personnes en font tellement trop que cela en devient ridicule, ne crois-tu pas ? » Elle avait notamment en tête la Méchante Reine qui habitait dans la Forêt Enchantée et tous les autres « méchants ». Sérieusement, pourquoi en faire autant ? Pour se donner un style de méchant ? Peut-être que jadis une personne avec de très mauvaises intentions avait écrit un livre portant le titre de Comment s'habiller comme un méchant pour les nuls ? Un jour peut-être investiguerait-elle sur le sujet. Elle espérait ne jamais devoir s'ennuyer à ce point.

Elle stoppa les digressions de son esprit pour se focaliser plus sérieusement sur son amie. Il y avait bien eu quelque chose qui l'avait quelque peu intriguée en sentant une personne magique entrer dans la librairie plus tôt et maintenant qu'elle avait cette personne en face d'elle et qu'il s'agissait de son amie … Faisant attention à ne pas trop en faire, elle se concentra sur sa propre magie afin de sentir plus sérieusement celle de son amie et ce qu'elle sentit ne lui plus pas du tout. Sachant que le génie n'apprécierait pas tout un interrogatoire à ce sujet, elle ne dit rien, mais elle fronça les sourcils. La magie de génie n'avait jamais semblé aussi agitée et fragile en même temps. Et on ne trompait pas une créature aussi magique qu'elle pour lui faire croire que cela n'était rien. Elle ignorait si son amie était victime de crise, mais une chose était certaine, cela l'épuisait – ses yeux manquaient de cette étincelle de vivacité qui lui était si caractéristique, et il en fallait beaucoup pour lui faire perdre ça.
Quand son amie mentionna avoir été présente dans cette ville lors de la première malédiction, elle ne put retenir un sifflement très injurieux (une partie dans son esprit était très contente de savoir qu'aucune de ses petites fées n'étaient dans les parages). Ses yeux se plissèrent de colère dans le même temps « Tu te trouves coincée ici depuis le début ? » parvint-elle néanmoins à demander. Si cela s'avérait exact, nul doute que sa magie en avait pris un sacré coup. Elle approuva cependant le raisonnement à propos quant à sa propre situation si elle avait été prise dedans. Nuls doutes qu'elle aurait atterri dans la partie psychiatrique de l'hôpital. Sans aucun souvenir de sa vie, elle n'aurait jamais été capable de gérer la douleur. Elle frissonna à cette idée.

Sa question précédente était plus rhétorique qu'autre chose, mais elle n'avait pas pu la retenir. « Je commence d'ailleurs à en avoir doucement marre qu'on joue ainsi avec ma tête. Certaines personnes vont apprendre que ma patience est plutôt limitée et que j'apprécie moyennement toutes ces irruptions dans ma mémoire. » Toothiana ne retint pas son rire clair et joyeux ne manquant pas de lui rappeler que sa voix n'avait pas complètement changé. Elle repensant à sa propre expérience dans cette ville et rétorqua donc « Si tu veux une partenaire, lorsque ta patience s'estompe … » elle fit traîner le dernier mot comme il lui arrive si souvent de le faire, et fit un clin d’œil à son amie, complice. Une personne saine d'esprit pourrait débattre sur combien cela n'était pas un comportant à avoir lors d'une discussion d'une possible vengeance ; Toothiana n'en avait que faire. Dans l'immédiat, elle constatait que la situation agaçait fortement son amie, elle ne pouvait pas lui en vouloir, surtout sachant qu'elle avait été prise dedans deux fois de suite. « Quand on quittera ce maudit endroit, filons aussi loin que possible de cette Forêt, qu'en penses-tu ? En créant tout le chaos que possible, en dédommagement, si tu veux. » Elle arqua un sourcil arborant un sourire au coin, très loin de la gentille fée-fée qu'on pourrait s'imaginer.

Son amie changea brusquement de sujet – elle lui en fut intérieurement reconnaissante, n'appréciant que très peu de tourner le couteau dans la plaie quant à cette situation qui semblait s'éterniser plus que nécessaire. Mia lui demanda si elle souhaitait prendre le livre qu'elle tenait entre ses mains. Étant le seul lui ayant tapé dans l’œil, elle n'avait pas vraiment envie de laisser sa trouvaille s'en aller et remarquant que son amie en avait sous le bras, elle se permit de répondre négativement « Ouip. Mais il sera vite lu, crois-moi, donc si tu veux je te le file une fois que je l'ai terminé. J't'en piquerai peut-être même un. » Termina-t-elle ; ce n'était pas un non définitif et pourrait très certainement plaire au génie. De plus, cela leur donnerait un prétexte pour se revoir, ce qui était un bonus non négligeable et plus que bienvenu. Elle se tourna doucement en direction de la caisse, mimant ainsi la route à suivre sur la suite des événements. « Je serais bien plus à mon aise dehors à profiter du temps. » il semblait qu'elles avaient toutes les deux eut la même idée de programme pour cette journée. « Ma chère, j'aime comment tu penses. J'espère que tu connais un bon endroit cependant. Je crains de ne pas avoir trop exploré les environs. » À part la forêt où elle avait campé pendant quelque temps, le centre-ville et l'appartement qu'elle partageait avec Age, il était vrai qu'elle n'avait pas trop visité la ville. Maintenant qu'elle allait un peu mieux, peut-être pourrait-elle se le permettre ? À méditer.
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MessageSujet: Re: You and I are so far from home {Toothiana   Sam 28 Mar - 20:42


Ça avait beaucoup étonné Mahélia, au début de leur amitié improbable, qu'il soit si facile de rentrer dans les bonnes grâces de la Fée des Dents. Au vu de leurs rôles, on pouvait croire les Gardiens incorruptibles, sages et au dessus des bassesses matérielle de ce monde et des autres. Il n'en était rien. Comme l'avait appris le génie, ils n'étaient pas si différents de ça de toutes les autres créatures, à part peut être pour leur mission. En tout cas, si Toothiana avait un point faible, c'était bien l'orgueil que lui inspirait son physique. Un compliment était toujours accueillit avec ce sourire empli de fierté qui amusait tellement la blonde. D'un autre côté, elle ne pouvait nier la beauté du plumage de son amie. La fée était ornée de couleurs resplendissantes qui la transformaient en un véritable arc-en-ciel. Ça reflétait bien son caractère pétillant et optimiste. Et ça la rassurait, Mahélia, que ce vieil orgueil soit toujours présent chez sa compagne. De toute évidence, le sort ne l'avait pas épuisé au point de lui faire perdre ceci. « Certaines personnes en font tellement trop que cela en devient ridicule, ne crois-tu pas ? » La blonde étouffa un éclat de rire à la remarque. Effectivement, tout le monde ne donnait pas la subtilité, mais il lui semblait que Toothiana était mal placée pour en parler. C'est qu'elle passait difficilement inaperçue dans sa forme habituelle. Mais oui, elle comprenait ce qu'elle voulait dire par là. Dans le monde des contes, on pouvait repérer environ neuf méchants sur dix en se basant sur leur accoutrement. Regina en avait été un exemple flagrant. Bien que le génie devait avouer que la Méchante Reine avait toujours eu une classe qui échappait à pas mal des autres vilains. Rumplestilskin, lui, n'avait pas ce sens de la mode. Surement le fait de posséder un pouvoir si illimité et un sens moral aussi souple le plaçait au-dessus des critiques vestimentaires. Enfin, il aurait pu faire un effort tout de même. « Malheureusement pour nous, le ridicule ne tue pas. » Ça aurait été trop beau. Au lieu de cela, les âmes mal intentionnées de la Forêt Enchantée avait pu comploter en paix et avait même réussi leur grand projet : cette stupide malédiction dans laquelle ils avaient tous tourné en rond, aveuglés, pendant 28 longues années.

Mahélia arrêta là ses réflexions, sentant avec agacement la magie affaiblie de son amie effleurer curieusement la sienne. Dans leur monde, un tel contact serait passé totalement inaperçu pour ses sens. Seulement, ici, quand il y avait si peu de magie dans l'air et que la sienne était si frustrée, elle avait la sensibilité décuplée. Le bouillonnement dans ses veines s'accentua, comme ronronnant de contentement. Elle n'était pas contente. Elle ne savait pas ce que Toothiana avait déduit du comportement anormal de sa magie, mais ce n'était pas bon. La fée n'était pas très douée pour ce qui était de cacher ses émotions et elle arborait une mine bien sombre. Heureusement, elle ne fit aucun commentaire. Mahélia n'était pas en humeur d'en supporter. C'était différent avec Rachelle : l'éclat d'oracle ne s'embarrassait pas de délicatesse ou de pitié mal placée. Elle connaissait les faits, les balançait au visage de la blonde sans délicatesse et s'en amusait même. C'était peut être étrange, mais elle préférait de loin ce genre de comportement. Elle savait comment gérer ça. L'inquiétude, elle ignorait comment y réagir. C'est qu'elle n'y avait jamais été vraiment concerné. Elle n'avait pas beaucoup de gens proches d'elle, ne s'était jamais embêtée de se faire apprécier des autres et, surtout, n'avait jamais eu le moindre problème. Pas de si grave en tout cas. Il était plus facile pour elle de dédramatiser, de se convaincre qu'elle avait encore du temps devant elle et d'ignorer l'épée de damoclès suspendue au dessus d'elle quand personne ne l'observait comme la fée le faisait en ce moment. Comme Galaad le faisait depuis qu'elle s'était installée chez lui et encore plus depuis l'épisode de la salle de bain. Avant ça, elle pouvait remplacer le sombre doute qui dansait parfois dans ses yeux avec de l'agacement voire même de la colère. C'est qu'elle était douée pour jouer avec les nerfs de son colocataire. Désormais, il y avait cette lueur d'appréhension et de ressentiment chez son obligé. Il savait qu'elle lui cachait la véritable signification de ses crises et il lui en voulait pour ça. Et bien elle lui en voulait de creuser toujours le sujet, satané d'entêté. Elle lui en voulait d'être le seul à pouvoir l'apaiser, l'attirant toujours vers lui contre son meilleur jugement. Plus que tout, elle lui en voulait de planter en elle les germes de la culpabilité et d'un autre sentiment qui lui était bien trop étranger pour qu'elle puisse l'identifier. Ce rude personnage lui causait bien trop de complications et, malgré ce qu'elle en disait, elle n'arrivait pas réellement à entretenir du ressentiment à son égard. Tout cela était bien étrange.

Le sifflement injurieux de Toothiana lui tira un sourire goguenard. C'est qu'elle ne jurait pas si fréquemment que ça, la brune. Affectant l'agacement mesuré plutôt que la colère ardente que lui inspirait ces histoires de malédiction, elle répondit à la question rhétorique de son amie en s'étendant sur oh combien elle détestait la sensation de ne plus pouvoir se fier à son propre esprit. Il contenait tellement de souvenirs fabriqués de toutes pièces que c'en devenait confus. D'autant plus que, réels ou non, ils avaient la même clarté que ceux qu'elle savait véritablement siens et avaient une véritable influence sur sa façon de considérer les choses et les gens. On ne chassait pas si facilement les effets d'un sort qui les avait tous si profondément changé. Si ce n'était pas forcément le résultat attendu, l'éclat de rire lui permit de se détendre un peu plus. C'était toujours bon de savoir que si Toothiana avait une forte influence sur elle, la réciproque était tout aussi vraie. Avant de la rencontrer, l'impératrice des canines et autres molaires ne connaissant sans doute même pas le sentiment d'accomplissement que procurait une mesquine revanche bien menée. Oh, Mahélia était bien au courant que c'était d'une envie de vengeance qu'était née Storybrooke. Cependant elle avait bien d'expérience dans le domaine et si elle ne prévoyait rien d'aussi ridiculement disproportionné, cela resterait douloureux pour les principaux concernés, qu'on se le tienne pour dit. Elle allait leur donner une leçon, à ses incapables. Après tout, ils devaient être conscients qu'une chose dans le genre leur pendait au nez. Histoire de karma et tout ça. Si elle était fière de l'état d'esprit de son amie, son plan n'était pas de ceux qu'elle adopterait. « Oh, je n'ai aucune intention de quitter le Forêt Enchantée. Au contraire, ils vont avoir à faire avec ma présence pour un long moment. En ce qui concerne le chaos, en revanche, il paraît que j'ai toujours eu un don pour le causer. » Le sourire mauvais qui ornait son visage parlait suffisamment. Elle n'exposerait pas d'idée plus développé, mais elle avait des centaines de projets qui fleurissaient dans un coin sombre de son esprit et qui, lentement, tranquillement, s'affinaient. Si on pouvait espérer de Toothiana une vengeance marquante, mais franche et brève, il n'en était pas de même pour le génie. Elle trouverait tous les responsables de sa situation actuelle et leur ferait patiemment, sournoisement payer la moindre de ses crises, la plus petite douleur de ses muscles. C'était une promesse.

En attendant, elle avait passé assez de temps dans la libraire à son goût. C'était l'heure de faire sa sortie et de rejoindre l'agréable chaleur qui régnait dehors. En ce sens, elle commença par demander à son amie si elle comptait prendre son livre, essayant par là de savoir si elle aurait à payer pour deux ou trois bouquins à ajouter à sa collection. Nul doute que Galaad aller encore râler qu'elle ramenait dans son appartement plus de romans que les rangements ne pouvaient en convenir. Mais quand est-ce que Galaad ne trouvait pas une bonne raison de râler ? Elle sourit malicieusement à la réponse qu'elle reçut. « Je comptais bien là dessus, ma chère. Pour ce qui est de m'en emprunter, fais toi plaisir. J'en ai une tonne et je ne compte pas en relire alors tu n'auras que prendre ce que tu veux, le plus sera le mieux. Comme ça mon agréable colocataire ne pourra pas jouer les grincheux. » La dernière phrase dégoulinait de sarcasme. Le bon caractère du brun était une légende, un être totalement mythique. L'homme était bien loin d'être un rayon de soleil. Mahélia se dirigea vers la caisse, ignorant volontairement que, même si son protégé était aussi joyeux qu'un gros nuage noir, c'était encore en sa compagnie qu'elle était le plus détendue ces derniers temps. C'était un paradoxe révélateur qu'elle n'était pas prête à analyser. Elle était en train de régler ses achats quand elle reprit la parole. « Fais moi confiance, il y a un petit parc à quelques rues d'ici que tu vas adorer. » Et ce n'était pas une de ces phrases bateaux dont on use car elles sont des modèles types, des platitudes qui se glissent sournoisement dans les discussions de tous les jours. Mahélia était persuadé que Tooth apprécierait l'endroit. La pelouse était délicieusement tendre, les plantes organisées de façon à offrir nombre de coins protégés des regards curieux aux flâneurs et les fleurs de la saison apportaient leurs merveilleuses couleurs et leurs suaves parfums. Vraiment, ce petit oasis de verdure en plein centre ville n'était peut être pas aussi agréable au génie que les vastes étendes de nature indomptée de son monde d'origine, mais elle-même savait le savourer à sa juste valeur. C'est pour ça que, sitôt sortie, elle y guida sa vieille connaissance en glissant son bras sous le sien. Là-bas, elles auraient le temps et l'espace de parler plus en détail de tout et de rien.
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You and I are so far from home {Toothiana

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