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Tout ce qui se passe au-delà de la saison 1 est à jeter aux oubliettes, merci

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 Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad

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MessageSujet: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Lun 4 Mai - 12:52






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Type du sujet : [X] Flash-Back [] Présent
Date du rp :  Cnq ans avant la malédiction
Météo (approximative) : Soleil et chaleur au rendez-vous
Matin, après-midi, soir : Début d'après-midi
Votre sujet prend en compte une intrigue ? : [] oui, la n°xx [X] non
Statut du sujet : [] libre [X] privé
Statut du rp : [X] en cours [] terminé





Mahélia, comme ça lui arrivait souvent, s'ennuyait. Ce n'était pas faute d'avoir de quoi s'occuper sous les yeux, seulement, rien qui ne changeait de l'ordinaire. Tranquillement installée sur la place principale d'un charmant village, elle écoutait d'une oreille distraite les vœux de ceux qui étaient venus la trouver. Elle en refusait certains, sans explications, demandait des contreparties écrasantes pour d'autres et proposait de simples énigmes aux derniers. Tout ça dans l'espoir infondé de se divertir. Cependant, ça manquait de piment. Personne ne tentait de marchander et ces décisions n'étaient pas remises en question. Elle pouvait demander n'importe quoi, ils continueraient à se presser autour d'elle comme si elle était une faiseuse de miracles. Elle roula des yeux et soigna un nourrisson mal en point tout en claquant sa langue sur son palet, agacée. Même les vœux qu'on lui soumettaient n'avaient rien qui sortait de l'ordinaire. Vraiment, depuis ce petit arrêt chez un seigneur d'un royaume voisin, quelques mois plus tôt, sa vie était faite de platitudes. Oh, Mahélia, elle aurait déjà pu être loin, à vaquer à la découverte de nouveaux paysages. On disait qu'il y avait des dragons apprivoisés, sur une île, loin au nord. Ça vaudrait peut être le coût d'aller jeter un œil, histoire de voir si les rumeurs étaient fondées.

Et pourtant elle s'attardait. Le truc, c'est qu'elle appréciait la Forêt Enchantée : elle regorgeait de magie et elle sentait la sienne chanter en retour. Puis, un peu d'animation finirait bien par venir. Cet imbécile condescendant de seigneur n'avait pas dû apprécier qu'elle lui ait rit eu nez et refusé son souhait. Il avait envoyé des hommes après elle, elle le savait. Au début, elle avait brouillé les pistes, vieux réflexe coutumier. Elle avait été surprise quand ils avaient réussi à retrouver sa trace Ils étaient persévérants, elle pouvait leur accorder au moins ça. Depuis, elle avait pris soin de rester quelques pas en avant sans jamais disparaître complètement : ça lui procurait un amusement un brin moqueur de les faire tourner en rond, multipliant les fausses pistes. Mais même ce petit jeu ne pouvait l'occuper très longtemps. Il était temps de passer à l'étape suivante. C'est pour ça, qu'elle était là, finalement. Rester immobile plus d'un jour, ça lui ressemblait pas, et voilà que ça en faisait trois qu'elle passait dans ce trou à rats. Elle avait peut être surestimées ses poursuivants, une erreur qui la ferait sans doute mourir d'ennui, si ça continuait ainsi. Pas une fin très honorable, n'est-ce pas ? Ce serait Mnémis qui rirait bien en apprenant ça. Pourtant, malgré la déception que ce délai lui inspirait, il restait cette pointe de curiosité à l'idée que quelqu'un puisse la suivre avec tant de ténacité. Elle n'était pas assez modeste pour tenter de prétendre que c'était une tâche aisée, que de la traquer.

Elle en eut encore pour une heure, peut être deux, avant de déceler une présence étrangère à la scène. C'était faible, en bordure dans une des ruelles entourant la place, mais c'était indéniablement présent. C'est que Mahélia n'était pas née de la dernière pluie, elle avait pris ses précautions en choisissant ce lieu comme celui où elle rencontrerait finalement ceux qui faisaient preuve de ce singulier talent. Elle craqua un sourire amusé, ses yeux fixés sur les ombres qui lui cachaient si efficacement la silhouette de son invité du jour. Avec un peu de chance, il se déciderait vite à sortir.
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MessageSujet: Re: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Lun 4 Mai - 23:24


Cela faisait déjà plusieurs semaines que les troupes parcouraient le territoire du seigneur en place, pour remonter la trace d’un génie. La région avait déjà été fouillée de fond en comble, remontant les pistes et les murmures qui allaient bon train, ratant à plusieurs reprises, et de près, la proie. Le seigneur s’impatientait, les traqueurs, eux, faisaient de leur mieux, humble dans ce combat qu’ils se devaient de mener, conscient que la défaite était une facette inévitable de leurs vies. Ils restaient des hommes, qui tentaient d’abattre des créatures beaucoup plus puissantes qu’eux. La victoire n’était pas toujours assurée, et parfois, elle était proche. Ici, Galaad était terriblement proche d’une nouvelle piste, qui se consolidait au fur et à mesure qu’il s’était rapproché d’un village bien précis. Il avait été envoyé en éclaireur, puisqu’il n’était pas utile de faire déplacer toute une armada, si ce n’était que paroles aux vents. Il fallait économiser les forces des troupes. Et si Galaad fonctionnait très bien en équipe, il n’en restait pas moins un électron solitaire, qui remontait sans mal une piste, et qui faisait remarquablement bien son boulot. Comme s’il avait ça dans le sang. Ironique, quand on considérait qu’il était simplement fil de fermier – certes, d’un certain niveau, mais soit.

Il venait d’arriver en dans la ville en question et s’était avant tout arrêté à l’auberge, pour se rafraichir, et manger un morceau, récupérer quelques forces, permettre à son cheval de se reposer, tout en profitant d’être dans un des centres actifs des environs pour attraper des éclats plus vivaces, de ces rumeurs. Vraisemblablement, le génie était bien en ville et terriblement visible. Ce qui mit la puce à l’oreille de Galaad. La créature se savait pourchassée, sans nul doute. Et voilà qu’elle se mettait bien en vue. Hm. Ca ne plaisait pas fort à l’instinct de Galaad, mais il avait un métier à faire et un monstre à abattre. Surtout, il y avait cette curiosité de jeune homme, qui le poussât à se rendre jusque la place du village, une fois qu’il eut fini de s’intéresser aux ragots d’ivrognes. Il n’eut aucun mal à la trouver, et encore moins à être témoin de l’agitation qui y régnait. Il y avait un attroupement peu commun, même pour la place d’un village et Galaad resta un moment en retrait, longuement, alors qu’il observait la scène, attrapant sans mal la figure au centre de cette agitation plus ou moins dirigée. Il était trop loin pour reconnaitre le génie, mais il n’eut aucun mal à savoir que c’était lui – ou plutôt elle, de ce qu’il pouvait voir. Bien, maintenant qu’il était assuré que la créature se trouvait bien en ces lieux, il n’aurait eu qu’à envoyer un pigeon voyageur pour prévenir ses frères d’armes. Il continuerait de suivre le génie, si celui-ci se remettait en mouvement. Une attaque frontale serait idiote.

Mais il y eut une sensation familière, qui le força à faire un écart à ce plan. Une intuition, un appel, qui lui chatouilla le fond de la gorge. Alors, il sortit finalement de son point d’observation, se faufilant sans mal jusqu’à quelques mètres du génie, évitant une bagarre avec un homme qui n’appréciait pas d’être ainsi dépassé. Galaad le remit à sa place à l’aide d’un coup de poing bien senti et il se retourna. Reconnaissant, sans mal, la femme qui occupait parfois une aile de sa demeure, depuis aussi loin qu’il s’en rappelait. Peut-être depuis toujours. Il ignorait tout d’elle, à l’exception de ce qu’il avait entraperçu, alors qu’il tentait de se faufiler jusque dans les quartiers qui lui avaient été attribués, et qui avait été marqués comme interdits pour Galaad. Maintenant, il semblait comprendre pourquoi ses parents avaient tant pris soin de cacher l’identité de cette femme. C’était un génie. Et la question s’éleva, presque inquiétante. Quel était leur relation, entre ce génie et ses géniteurs ?

Galaad ne prit pas vraiment le temps de s’interroger plus en profondeur, qu’il croisait le regard de la jeune femme et il se demanda si elle le reconnut. Sans aucune considération pour le bas peuple, il bouscula vaguement ceux en besoin d’un souhait et il se retrouva devant elle. Il y avait cette curiosité qui faisait briller son regard, le tout durcit par son statut et par la situation. « Tu m’attendais. » Ce n’était pas ce qu’il avait voulu lui dire. Il aurait voulu l’interroger, sur le pourquoi, obtenir des réponses. Et peut-être les obtiendrait-il. Ce qu’il était sûr, c’est que ça n’aurait pas été son souhait. Ainsi, il resta là, droit, la main sur la garde de son épée, à peine cachée par la cape qui reposait sur ses épaules, pour cacher la côte de maille, dissimulée sous ses vêtements de combat, de soldat.
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MessageSujet: Re: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Mar 5 Mai - 0:40


Finalement, l'attente était belle et bien finie. Mahélia n'eut que le temps de poser une énigme de sa propre invention, envoyant le pauvre homme réfléchir à l'écart de sa foule, avant d'apercevoir une silhouette furtive sortir de la petite ruelle qu'elle guettait. Il était temps de jouer, songea-t-elle alors que son sourire s'élargissait. Bon, elle avouera être un peu déçue de n'avoir affaire qu'à un chasseur isolé. De toute évidence, les différentes fausses pistes avaient assez lassées ses poursuivants pour les convaincre de se disperser et ne plus se déplacer en groupe avant d'avoir la moindre certitude. Alors pourquoi cet homme s'approchait autant ? Il n'était pas assez stupide pour croire qu'il viendrait à bout d'un génie à lui tout seul, si ? Les têtes brûlées de ce genre ne faisaient jamais long feu dans cette profession, et pour une bonne raison. Mahélia n'était cependant pas le genre de créatures à laisser une traînée de cadavres derrière elle, trouvant le procédé fort disgracieux. Cette bravoure imbécile n'était pourtant pas le plus perturbant. Il y avait quelque chose de familier chez cet individu, sa magie sentait des échos communs dans l'air. Et l'explication ne tarda pas à venir. C'est que le jeune homme ne semblait pas bien plus patient qu'elle-même, se fit-elle la réflexion en l'observant se frayer un chemin parmi la foule. Il n'avait pas l'air non plus de s'embarrasser d'égards envahissant envers les gens de plus pauvre naissance. En l'espace de quelques minutes, il parvint à traverser la place jusqu'à se tenir devant elle. Elle ne pouvait pas se targuer de l'avoir vu venir, celle-là. Il avait bien grandi, depuis la dernière fois qu'elle avait profité de l'hospitalité forcée de ses parents, mais il restait facile à reconnaître. Son petit miracle. Et quelle ironie que son gagne pain consiste à traquer les créatures magiques, vraiment ! D'autant plus que ça ne faisait aucun doute qu'il l'avait reconnue. Il suffisait de remarquer son air de chiot perdu pour le savoir. Oh qu'il était facile de retrouver le petit garçon qui tentait toujours de l'espionner, traînant là où il ne devait pas se trouver.

« Tu m’attendais. » Ce n'était pas tout à fait faux. Mahélia ne serait jamais restée aussi longtemps dans ce coin perdu sans une bonne raison. Ca restait loin de la vérité : elle attendait des hommes décidés à la ramener à leur maître, sinon l'éliminer. Mais il y avait trop de monde pour ce genre de discussion. Le génie signifia en quelques signes de main qu'elle en avait fini avec les vœux pathétiquement prévisibles des habitants du coin. Alors que la place se vidait lentement, au son des murmures mécontents, elle considéra un moment le garçon du regard. Il n'était plus un enfant, ça au moins sa stature le rendait clair. Cependant il restait terriblement jeune, trop jeune pour se lancer dans ce genre de mission suicide au compte d'un seigneur à l'orgueil démesuré. Pas qu'elle en ait grand chose à faire, personnellement, mais elle se doutait que ce ne devait pas plaire des masses à ceux qui lui avaient acheté sa vie. « Suis moi. » Rien ne l'y obligeait, sinon la curiosité et les doutes qui devaient le ronger. Il pouvait tout aussi bien tenter de la tuer sur place, mais elle était prête à parier qu'il était encore trop ébahi pour y songer. Sans oublier qu'il avait toujours été du genre à chercher des réponses, quand bien même elles ne lui étaient pas favorables. La blonde ne lança pas un regard en arrière, traversa deux rues avant de pénétrer dans une maison bien tenue et de le guider jusqu'à la chambre qu'elle avait réquisitionnée le jour de son arrivée. La pièce n'était pas exactement luxueuse, mais elle était grande et bien éclairée, ouverte sur une charmante cours intérieure. « Tes camarades de jeux se sont-ils lassés de la traque ? Vous êtes plus persévérants que ceux à qui j'ai affaire d'ordinaire. » C'était une façon comme une autre de faire la discussion tandis qu'elle remplissait deux coupes d'un léger vin, un rafraîchissement bienvenu étant donné la chaleur de cette journée. Le pauvre brun devait étouffer sous cet accoutrement de preux chevalier venu pourfendre le vilain monstre. Franchement, pensait-il que ses vêtements suffiraient à le protéger de la magie d'un génie ? Pas qu'une armure lui ait été d'une plus grande utilité. De toute évidence, son seigneur se fichait bien d'envoyer ses hommes à leur mort. « Tu dois avoir des questions. Assied toi, je t'en prie. » Elle-même s'installa confortablement sur une des trois chaises. C'est que la conversation à venir était un meilleur divertissement que tout ce qu'elle avait envisagé. Ces trois jours à mourir d'ennui finissaient par payer.
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MessageSujet: Re: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Mar 5 Mai - 18:47


C’était un mauvais hasard, car ce n’était pas lui, précisément, que le génie attendait. Mahélia, elle s’était attendue à des troupes, à des hommes en nombre. Et certainement pas à lui. Parce qu’elle le reconnaissait, il le vit dans son regard et, soudainement, il se retrouva incapable de prendre une décision claire. Car il ne savait pas vraiment ce qui adviendrait. La découverte lui faisait l’effet d’un coup de poing dans l’estomac, et Galaad aurait espérer que tout ceci ne soit qu’une mauvaise blague, de la part d’un de ses frères d’arme. Il n’était pas fait pour les cas de conscience, Galaad et il préférait abattre les créatures avant qu’il ne se demande si c’était juste. Ici, c’était différent. Il la connaissait et il avait eu toujours cette curiosité par rapport à elle. Cette curiosité qui le poussa à la suivre, quelques pas en retrait, alors qu’elle se dirigeait vers une demeure. Il jeta un coup d’œil aux environs, ne voyant aucun piège. Si Mahélia avait voulu le tuer, elle l’aurait fait depuis longtemps. Si elle avait voulu s’échapper, elle aurait déjà été loin, il n’en doutait pas une seule seconde. Alors, il gardait son regard jeune, peut-être trop jeune pour cette révélation, fixé sur la silhouette qui était devant lui, ne lâchant pas cette chevelure blonde, comme s’il allait se réveiller de ce mauvais rêve, d’un moment à l’autre, et qu’il ne connaitrait jamais le fin mot de l’histoire.

Une fois dans la maison, dans la chambre, il se demanda pourquoi elle l’avait amené jusqu’ici, son regard embrassant la pièce en quelques secondes, avant qu’il ne décida de se poser contre le chambranle de la porte, ne désirant pas se couper un chemin de sortie, si cela s’avérait nécessaire. « Vous êtes plus persévérants que ceux à qui j'ai affaire d'ordinaire. » Galaad eut un mince sourire crispé, alors qu’il refermait ses doigts sur la coupe qui lui était proposée. « Ce sont les ordres. » Vraiment ? Était-ce les ordres, que de suivre le génie jusque chez elle ? Depuis qu’il avait mis un pied sur cette place, il avait dévié de son devoir, et il n’arrivait pas à s’en sentir coupable. Oui, il y avait une part de responsabilité, mais il était bien conscient, Galaad, qu’il n’y avait pas eu de morts dans le sillage de Mahélia. Tout juste l’égo de son seigneur bien froissé. Dans quelques jours, ou d’autres mois, la colère lui passerait, éventuellement. Lui, en attendant, recevrait sa paie et continuerait d’assurer le titre de ses parents de cette manière. C’était tout. Et c’était si difficile, de considérer le génie comme un être humain. Ca n’en était pas une, oui, elle avait de la magie. Mais il y avait une affection timide et vouée, qu’il ne pouvait effacer de cette figure. Il aurait presque pu entendre les remontrances de ses parents, pour ce qu’il était occupé de faire.

« Tu dois avoir des questions. Assied toi, je t'en prie. » Il refusa la proposition, restant appuyé où il était, les bras croisés sur la poitrine, alors qu’il ne détournait pas le regard de Mahélia, cette vague suspicion colorant ses yeux. « Je n’en ai pas vraiment. » Il arrivait à relier les points, à superposer l’idée que la femme qui avait hanté son enfance n’était pas que mystérieuse par caprice, que ses parents avaient toujours eu une bonne raison, d’éviter qu’il ne la croise. Même s’il ignorait quel était ce vœu qu’il supposait. Mais une part de lui ne voulait pas le savoir, car il refusait de croire que sa famille puisse être en quelque point redevable envers un génie. Il refusait de croire que lui pourrait être amené à lui être redevable. « La seule que j’aurais, c’est pourquoi tu m’as fait venir ici. » Elle aurait pu simplement s’en aller, et le laisser en plan. Ça aurait même été beaucoup plus simple, il n’en doutait pas une seule seconde. Il aurait pu faire taire ce sentiment étrange, qui tournoyait dans le fond de ses tripes et qu’il ne pouvait pas faire taire.
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MessageSujet: Re: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Mar 5 Mai - 19:37


« Ce sont les ordres. » Il ne respirait pas la joie de vivre, loin de là. Tout dans son attitude était soigneusement gardé, la méfiance inscrit dans ses traits. Et pourtant il l'avait suivi jusqu'ici alors qu'il aurait sans mal pu lui tourner le dos et s'en aller. C'était un brin contradictoire, mais qui ne l'était pas de temps à autre ? Mahélia haussa un sourcil face à sa réponse laconique. « Hmm, et tu fais un excellent travail à suivre à la lettre les ordres. » Il n'y avait pas de sourire moqueur, mais l'expression du génie laissait sans mal deviner son sarcasme. Peu importe ce qu'étaient les ordres au juste, il était évident que Galaad avait arrêté d'y attacher de l'importance depuis un petit moment. D'un autre côté, le gamin dont elle gardait le souvenir n'avait jamais été très doué pour faire ce qu'on attendait de lui. Surement un problème avec l'autorité. Ou alors il aimait simplement avoir le dernier mot. Pourtant, il était devenu soldat. Plus même : chasseur de créatures. Pour mériter une telle promotion, il avait dû ne pas souvent remettre les directives en question. C'était après tout ce qui rendait les traqueurs dangereux ; ils avaient une mission et étaient bien déterminés à la mener à son terme.

Le manque de curiosité du brun causa l'apparition d'une moue renfrognée sur le visage de la blonde. Finalement, il n'était peut être pas si intéressant qu'elle l'avait cru au premier regard. Elle prie quelques gorgées de vin, se changeant les idées. Il n'était plus l'enfant imprudent d'avant, et ce depuis des années. N'empêche que le gamin avait été plus distrayant que l'homme. « La place était trop exposée. » C'était une évidence qu'il avait dû lui même noter avant de la reconnaître. Une proie optait rarement pour un espace si découvert quand elle se savait chassée. A part si elle décidait de confronter son prédateur, bien entendu. Mais maintenant que Mahélia avait écarté les civils qui l'entouraient si bien, lui offrant une protection à leur insu, le lieu n'était plus à son goût. « J'ignore si tu as averti tes collègues, mais s'ils arrivent je préfère les recevoir ici. Je suis imprudente, pas suicidaire. » Il y avait une nuance très importante entre les deux, merci bien. La chambre ne possédait qu'une entrée et, dans ces conditions, l'avantage du nombre leur serait rapidement perdu. Pas qu'elle pensait à eux comme une sérieuse menace, mais on ne vivait pas aussi longtemps qu'elle en sous estimant ses adversaires. Elle ne mourrait pas, pas alors qu'elle était encore en possession de sa bague car Mnémis ne se trompait jamais. Cependant elle pouvait se retrouver blessée, et c'était loin d'être agréable. Elle aimait les choses agréables, Mahélia.

« Si tu n'as pas d'autre question, j'en ai une pour toi. » Parce que même en ayant revu son intérêt pour Galaad à la baisse, elle restait un esprit curieux. Elle aimait apprendre des choses, comprendre ce qui l'entourait. Ça aidait à faire passer le temps. « Pourquoi choisir de faire ce travail ? » Il était différent des autres chasseurs qu'elle avait croisé : il n'avait rien perdu, dans sa vie. Il n'avait aucune vieille rancune envers une créature magique à assouvir. Dieu, il devait son existence à l'une d'entre elle ! Pas qu'il soit au courant, de toute évidence. Etrangement, elle était à l'aise avec le fait qu'il l'ignorait : c'était un choix sensé que ses parents avaient fait, celui de l'éloigner de la mauvaise influence que le génie aurait pu avoir sur lui. Comme si elle allait s'embêter à corrompre l'âme d'un humain. Ils faisaient très bien ça tout seuls, comme des grands. Galaad, par exemple : combien de créatures innocentes avait-il achevé de sa main, sans se poser la moindre question, sans sentir le moindre remord. Le fils prodigue était assez entaché sans qu'elle n'ait rien à voir là-dedans. Quant à la vérité, il finirait bien par la découvrir le jour où se sera à lui d'honorer la dette que ses parents avaient contractée.
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MessageSujet: Re: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Mar 5 Mai - 21:02


Galaad n’avait jamais discuté, réellement, avec une créature et la pensée ne cessait de tournoyer dans sa tête, l’agaçant quelque peu. Il n’était pas fait pour les cas de conscience, il ne les aimait pas. Il préférait avoir l’esprit posé et ne plus s’inquiéter des conséquences de ses choix. Jusqu’à présent, ça fonctionnait très bien et il espérait que sa rencontre avec Mahélia ne changerait rien à ceci. Il ne regrettait pas, les créatures qu’il avait tuées. Certains étaient hostiles et nocives pour la vie humaine. C’était suffisant pour lui. Et faire le sale boulot des autres ne le dérangeait absolument pas. « Tu fais un excellent travail à suivre à la lettre les ordres. » Galaad haussa les épaules, peu affecté par la remarque, se savant être un chien obéissant et se complaisant dans son rôle. Il ne cherchait pas à se défendre, il était ainsi, chasseur et tuerait ses proies. C’était ainsi que les choses se déroulaient. Rien de plus. Et il restait calme, sous le regard du génie, sentant toujours cette tension interne, qui cherchait une explication, alors qu’il se serait parfaitement satisfait de ne pas en avoir une. Il préférait son ignorance. Et si ses parents ne lui avaient rien dit, c’était qu’ils avaient leur raison – même s’il préférait penser qu’ils avaient honte du deal qu’ils avaient conclus avec la blonde plantureuse. Peut-être leur fairait-il savoir qu’il avait rencontré Mahélia. Peut-être était-elle la raison pour laquelle ils n’appréciaient pas son métier, devinant qu’il allait la rencontrée, un jour ou l’autre.

Il réfléchissait, réflexion après réflexion, le sourcil plissé, ne touchant pas au vin qui était dans sa coupe, faisant tourner distraitement l’alcool dans son contenant. Tout autant, il ne gâchait pas l’occasion qui se présentait. Il avait enfin la possibilité d’observer Mahélia, sans que ça ne soit au bord d’une fenêtre, ou de loin. C’était sa chance, d’en apprendre plus à propos de cette femme, qui avait ponctué les moments de sa vie par l’énigme qu’elle représentait. Si la situation n’avait pas été aussi déplorable, il aurait été intenable. Mais il n’était plus l’enfant agité qu’elle avait connu par le passé. Il avait gagné en sang-froid et il suivait chaque mouvement de Mahélia, sans flancher. « J'ignore si tu as averti tes collègues, mais s'ils arrivent je préfère les recevoir ici. » Galaad secoua la tête. « Personne n’est au courant. » Ses frères d’armes étaient occupé à battre une campagne éloignée et il était le seul à avoir eu la chance de tomber sur la bonne piste. Même s’il aurait échangé sa place avec le premier venu. Même si, quelque part, il était soulagé que personne d’autre que lui ne soient tombé sur le génie. Et cette opposition de sa situation ne faisait que l’agacer vaguement, même s’il ne montrait rien – il était encore abasourdi.

« Pourquoi choisir de faire ce travail ? » Galaad pencha la tête sur le côté, l’appuyant sur le côté de la porte, alors qu’il songeant, fugace, à sa première rencontre avec un griffon, ce qui marquerait à vie son corps. « Parce que je suis bon pour ça. » Il aurait pu dire qu’il était doué, qu’il était fait pour ça. Galaad avait une aisance naturelle pour retrouver les traces des créatures magiques. Et c’était peut-être ce qui l’avait amené jusqu’ici. Il n’avait pas besoin de raison plus particulière, mais sa langue se délia, se moquant du bon vouloir de son propriétaire. « Et que j’aime ça. » Il n’avait aucune honte à l’avouer. Il pouvait tuer des créatures, il n’en restait pas moins qu’il sauver des vies. Un anima en moins ? Eh bien, il y en aurait d’autres. Ce n’était pas ça qui manquait, dans la forêt enchantée et Galaad ne doutait pas qu’il ne manquerait jamais de quoi faire. Même s’il préférait la tranquillité du travail de la terre, son sang bouillonnait de la sensation de la traque. Il était né prédateur, et ce trait, il ne le tenait certainement pas de ses parents.
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MessageSujet: Re: Que ceux qui m'aiment me suivent • Galaad   Mar 5 Mai - 22:47



Il avait tenu sa langue, le chasseur. Comme c'était étonnant, pour un si bon limier, de ne pas sonner le rassemblement avant la curée. Mahélia ne cacha pas son sourire amusé. Il était hors piste, le pauvre traqueur, depuis qu'il avait compris à qui il avait affaire. Si elle n'avait pas été préparée à le voir ici, sa surprise n'était rien en comparaison de celle de Galaad. « Ça ne doit pas être en accord avec les ordres, ça. » Bonjour l'évidence. Elle ignorait s'il avait déjà décidé quoi faire d'elle. Allait-il faire ce qu'on attendait de lui et ramener sa tête à son seigneur, ou non ? Le truc, c'est que s'il choisissait la première option, il venait de bousiller ses maigres chances de réussite. Après cette discussion, le génie ne s'attarderait pas plus longtemps dans la Forêt Enchantée, rejoignant plutôt des royaumes dont les habitants étaient mieux disposés à son égard. Elle en avait fini de jouer avec ces poursuivants. Venir la voir seul avait signé l'échec de sa mission, et de ça il devait sûrement avoir conscience, au moins à un certain niveau. Galaad n'avait pas l'air d'être stupide. Il n'avait pas choisi un métier fait pour les hommes stupides. Cependant, ce n'était pas non plus une profession propice au développement d'une bonne morale. Alors pourquoi l'épargner s'il n'avait aucune question à lui poser ? Cette contradiction manifeste intriguait légèrement Mahélia.

Elle ne se fit donc pas prier pour l'interroger sur son surprenant choix de vie. La réponse lui fit hausser un sourcil. Qu'il soit bon, pourquoi pas. C'était un brin ironique qu'un enfant lui devant la vie possède un tel talent, mais ce n'était pas un fait rare. Ceux qui se lançaient dans ce genre d'activité étaient généralement bon, jusqu'au jour où ils finissaient par se faire tuer. Qu'il aime ça, c'était autre chose. Il ne tenait pas ça de ses parents, c'était certain. Mahélia se souvenait d'eux comme d'un couple pacifique, des gens simples qui ne cherchaient pas les ennuis. Ce n'était pas eux qui avaient instillé le goût de la chasse à leur fils. D'un autre côté, peut être leur passivité l'avait poussé à rêver d'un peu plus d'action, plus de piment. La blonde ne pouvait pas le lui reprocher, pas quand elle était sans cesse à la recherche de la même chose. Mais ce n'était pas ce qui piquait la curiosité de Mia, laquelle pencha la tête sur le côté, ses yeux ne quittant pas l'homme qui lui faisait face. « Qu'est-ce qui est différent aujourd'hui ? » Qu'est-ce qui l'empêchait, vraiment, de compléter sa mission, sans se poser de question. Elle n'avait pas côtoyé assez le brun pour revêtir une quelconque importance à ses yeux. Il n'y avait aucun lien, entre eux, sinon un qu'elle jugeait insignifiant et dont lui ignorait jusqu'à l'existence. « Pourquoi ne suis-je pas morte ? Pourquoi ne rien dire à tes amis ? » Elle ne savait même pas s'il avait les réponses ou s'il avait soigneusement évité ces questions.

Mahélia trempa de nouveau ses lèvres dans son gobelet, indifférente au fait qu'elle buvait seule. Le rafraîchissement qu'elle avait si généreusement offert à son invité était resté intouché. Tant pis pour lui, elle ne pouvait totalement profiter de la chaleur sans ce petit plaisir. « Je ne suis pas différente des créatures que tu tues d'ordinaire. Pourquoi te priver de ce plaisir ? » Elle n'avait pas fini de le titiller. Non seulement elle considérait sérieusement ces questions, mais elle avait aussi envie de tirer une réaction de Galaad. Quelque chose de plus que ces courtes réponses qu'il avait lâché du bout des lèvres depuis le début de cette conversation. De la colère, de la confusion, de l'amusement. Elle se fichait bien de la réponse qu'elle causerait, du moment qu'il y avait une réponse. Sinon, elle perdait son temps ici. Et même si elle disposait d'énormément de temps, elle n'aimait pas cette sensation.
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